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de la personne, mais encore Téclat du courage. Leur sang coule à flots sur les champs de bataille, comme celui des plus illustres races; trois frères de Seignelay y trouvent une mort glorieuse : le chevalier Colbert, le comte de Sceaux et le marquis d'Ormoy- Blainville ^ Ce dernier le disputait à son aîné par Téclat des qualités naturelles. Colbert l'avait prématurément chargé de la survivance de ses fonctions de surintendant des bâtiments, au risque de faire sourire Louis XIV de quelques-uns de ses lavis ^ ; sa vocation était ailleurs : il laissa les bâtiments pour les armes et s'éleva rapidement jusqu'au grade de lieutenant général. « Il avait toutes les parties d'un grand capitaine, il allait au plus grand », lorsqu'il trouva la mort sur son chemin. II avait le génie, non les mœurs de Seignelay ; il s'était laissé gagner à l'ardente piété de sa sœur, M"® de Mortemart, et comptait parmi les disciples de M™* Guyon ^.
Colbert l'avait marié dès l'âge de dix-huit ans à uneTonnay- Charente, de la maison de Rochechouart. Deux ans auparavant, à une autre proposition matrimoniale qui lui avait paru compliquée de trop de difficultés et de lenteurs, il avait répondu par ces fières paroles : « 11 faut pour moi et pour ma famille qu'un mariage se présente facilement, du gré et du consentement de toutes les parties, et qu'en un mot je sois plutôt recherché que je ne recherche *. »
Un frère de Colbert, Maulevrier, court brillamment la carrière des armes; le bâton lui échappe, mais l'opinion publique lui décerne ce que lui refuse un caprice du roi. L'un de ses fils, un brillant colonel de dragons, succombe en défendant Namur (1695) ; Saint-Simon loue sans réserve son mérite et son caractère. Un autre meurt lieutenant général en grande réputation (1711). Un seul fit une fin indigne de sa race : spirituel, ambitieux, hardi, enivré de la faveur de son beau-père.