CotUanges à M"^ de Snngné, 10 mars I
30i LES FAMILLES DES SECRÉTAIRES D'ËTAT.
bliquc, et il y parail bien à Tusage qu'il a fait de son bien, puisqu'il laisse tant de dettes. Voilà une bonne maison et bien des plaisirs de moins pour tous ses amis et pour toute la cour ^
Seignclay avait bien gagné l'oraison funèbre de Coulanges : il laissait 5000000 de dettes. On crut un instant que sa femme renoncerait à la succession, mais Colbert avait encore plus épargné que son fils n'avait prodigué. Seignelay n'avait pu venir à bout de sa fortune et, toutes dettes payées, laissait 400 000 livres de rente 2.
Sa mort prématurée fut à la fois la perte et le salut des siens. Il emporta le plus brillant de la faveur des Colbert, mais du moins il n'eut pas le temps de les ruiner. Ses fils restèrent assez riches pour épouser des filles de grande maison. L'alné acheta 300000 francs la survivance delà charge de maître de la garde-robe et se maria à la fille du prince de Furstemberg. Le prince de Furstemberg gouvernait l'électoïat de Saxe sous le nom de l'Electeur, dont il avait toute la confiance ; il était fort riche, mais en Allemagne les filles n'héritaient pas ^ ; celle-ci n eut que la part de bien que lui assura sa mère, fille du maître des requêtes Ligny : les Colbert pouvaient se montrer désintéressés et se contenter de l'éclat du nom (1708).
Ce maître de la garde-robe fut brusquement emporté par un accès de fièvre quelques années après son mariage, a Ce fut un vrai dommage », dit Saint-Simon, qui ne lui ménage pas les éloges, malgré son peu de tendresse pour les rejetons de secrétaires d'État. Homme de cour, danseur accompli, ce fils de Seignelay n'avait pas dégénéré de la vaillance paternelle; il s'était fait estimer à la guerre comme à la cour et rendu digne de la faveur marquée que lui témoignait le roi. 11 ne laissa qu'une fille, une héritière, qui épousa d<ans la suite un petit-fils du maréchal de Luxembourg*.
Les descendants de Colbert ont en commun avec la noblesse, dans laquelle ils aspirent à se fondre, non-seulement les grâces