‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 164 sur 318 · Mémoires de Louis XIV, t. Il, p. 521, édit. Drcyss · texte numérisé non relu

Mémoires de Louis XIV, t. Il, p. 521, édit. Drcyss

modestie, d'une modération, d'une simplicité de mœurs admirables, et de la plus solide et la plus éclairée piété. Ses yeux montraient de la douceur et de l'esprit ; toute sa physionomie, de la sagesse et de la candeur ; un art, une dextérité, un talent singulier à prendre ses avantages eu traitant ; une finesse, une souplesse sans ruse qui savait parvenir à ses fins sans irriter ; une douceur et une patience qui charmait dans les affaires ; et avec cela une fermeté, et, quand il le fallait, une hauteur à soutenir l'intérêt de l'État et la grandeur de la couronne, que rien ne pouvait entamer. Avec ces qualités, il se fît aimer de tous les ministres étrangers comme il l'avait été dans les divers pays où il avait négocié ; il en était également estimé et il en avait su gagner la confiance. Poli, obligeant, et jamais ministre qu'en traitant, il se fit adorer à la cour, où il mena une vie égale, unie, et toujours éloignée du luxe et de l'épargne, et ne connaissant de délassement de son grand travail qu'avec sa famille, ses amis et ses livres. La douceur et le sel de son commerce étaient charmants, et sa conversation, sans qu'il le voulût, infiniment instructive. Tout se faisait chez lui et par lui, avec ordre, et rien ne demeurait en arrière, sans jamais altérer sa tranquillité >.

On sait Tétroite amitié qui unissait M"' de Sévigné à M. de Pompone. Elle s'intéressait particulièrement à la destinée de ses filles ; l'aînée, qui devait mourir jeune, avait failli épouser, au temps de la première faveur de son père, le fils de gens qui n'estimaient guère que cette faveur. La sottise et Tavarice de M. et de M"" de Molac firent heureusement échouer ce mariage ; ils se sauvèrent en Bretagne pour échapper à une honnête et charmante fille et préférèrent pour bru une sœur de la duchesse de Fontanges, qui devait à ce beau lien une dot de 400 000 livres. « Je suis ravie qu'ils n'aient pas eu cette fille, écrivait M'P'' ^e Sévigné après la chute de M. de Pompone; ils l'auraient assommée pour lui apprendre à devenir la fille d'un disgracié*. »

M"*" de Pompone, élèves de Port-Royal, objet des tendres soins d'un père aussi distingué par ses lumières que par ses vertus, étaient dignes d'être épousées pour leurs seuls mérites. Lagrand'mère de Pauline de Grignan enviait pour sa petite-fille les études variées, les fortes et généreuses lectures dont on

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