Tallcmant, t. l^ la Reyne Marguerite
du monde, la plus belle et la plus grande taille^ une brune avec de la beauté ». Nul éclat dans l'esprit, mais beaucoup de sens, de lacl, de dignité et de vertu *.
La Tortune de Louvois égale désormais sa puissance : il acquiert et embellit Meudon, dont la magnificence tentera plus tard l'héritier du trône; il achète, en se faisant prier, les terres (les plus grands seigneurs, et sur la porte de Tun de ses chà- Icaux figure une reine de Sicile, aïeule des Clermont-Tonnerre -. Son nom remplit l'Europe de terreur et d'admiration, et M"* de Louvois, h l'arrivée en France de la première Dauphine, se voit l'objet de la plus flatteuse des méprises. « La princesse, entêtée de ce nom-là, qui fait bien plus de bruit dans les pays étrangers que celui des ducs, s'avança pour baiser M"* de Louvois dès qu'elle la vit entrer dans sa chambre. «M"** de Richelieu n'eut que le temps de se précipiter pour l'arrêter court et sauver le cérémonial en péril ^ La servilité des courtisans ne connaît plus de bornes : la maîtresse même de Louvois, M»'* du Fresnoy, femme du premier commis de la guerre, traîne après elle un flot d'adorateurs moins épris de sa beauté que de son crédit. « Il y a grande presse de cette dernière à la cour : il ne se fait rien de considérable dans l'État où elle n'ait part *. »
M"* de Sévigné s'amuse à peindre les effets de cette puissance à son apogée, en attendant qu'elle éclate en sublimes accents sur sa fln subite.
Il y eut Tautre jour une vieille décrépite qui se présenta au dîner du roi : elle faisait frayeur. Monsieur la repoussa, en lui demandant ce qu'elle voulait : « Hélas! Monsieur, lui dit-elle, c'est que je vou- » drais bien prier le roi de me faire parler à M. Louvois. » Le roi lui dit : « Tenez, voilà M. de Reims qui y a plus de pouvoir que moi. » Cela réjouit fort tout le monde ^.