‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 174 sur 318 · I. Saint-Simon, t. IV. p. 207; l. VI, p · texte numérisé non relu

I. Saint-Simon, t. IV. p. 207; l. VI, p

sonnes, et avec capacité toutes celles des affaires, de leurs gradations, de leur plus ou moins d'importance, et il épuisait les affaires d'une manière surprenante ^

Barbezieux n'était que le troisième fils de Louvois, mais Courtenvaux, Talné, était un sot, même aux yeux des siens. Louvois l'essaya comme survivancier^, n*y trouva pas d'étoffe et se contenta d'en faire un capitaine des Cent-Suisses : Barbezieux fut le secrétaire d'État. Barbezieux prit à Courtenvaux, non-seulement le ministère, mais encore la femme qu'on lui destinait; ce malheureux aîné ne payait pas plus de mine que d'esprit: « c'était un fort petit homme avec une voix ridicule ». Les parents de M"'' d'Uzès, et probablement aussi M"* d'Uzès, lui préférèrent son brillant cadet. M. et M"" d'Uzès étaient brouillés et séparés. M. de Montausier mourant avait vainement essayé de réconcilier sa fille et son gendre; le mariage de leur enfant ne les décida pas davantage à se rapprocher. Il y eut deux repas de noce : l'un, le dimanche, chez le père de M"" d'Uzès ; l'autre, le lundi, chez sa mère. Évidemment Barbezieux n'avait pas recherché l'avantage d'entrer dans une famille bien unie, mais on était peu sensible à ce genre de considérations, et le secrétaire d'État voyait surtout Thon-neur d'épouser une personne qui, par sa naissance, pouvait prétendre aux plus grands partis : il s'en était même fallu de fort peu que la marquise de Barbezieux ne devînt la bru de Louis XIV, en épousant le duc du Maine ^. Sa dot, de 200000 francs, était petite pour les Louvois; ils lui donnèrent plus de 100000 francs rien qu'en présents de noces*.

M"* de Barbezieux, comme M™* de Seignelay, ne fit que paraître à la cour; elle périt, à vingt ans, de la petite vérole. Le roi regretta ses aimables vertus ^ ; Barbezieux versa des larmes

i. Saint-Simon, t. II, p. Ii7.

2. « M. de Louvois avait eu la prévoyance de faire donner à son fils la démission de sa charge dès qu'il eut la survivance, afin qu'il la lui pût ôter quand il voudrait, s'il ne Ty jugeait pas propre. » (DangeaUy 21 octobre 1685.)

Page 1