Saint-Simon, t. 1, p. 253; t. XI, p
3. C'est Tun des plus spirituels correspondants de M""* de la Cour de Ballcrov.
400 LA KOBE.
avHÎl pas>c loute sa vie daus les Dieilleures compagnies sans aucune fatuité, ni jamais sortir de son état ^
Le roi laimait, le considérait, et volontiers lattaquait quand il l'apercevait à son souper. Courtin était homme à se défendre et la conversation durait jusqu'à la fin du repas.
[{élevons encore quelques physionomies attrayantes delà robe qui soutiennent la comparaison avec les plus aimables de la noblesse. Le conseiller d'État Fieubet avait tant de charme dans Tesprit, que la cour et la ville s'enviaient et se disputaient sa compagnie. L'âge et la dévotion le décidèrent à fuir ce monde qu'il enchantait: il se retira à quelques lieues de Paris, aux Camaldules de Grosbois, une solitude entourée de bois charmants, mais où la vie contemplative s'alliait à de rudes austérités. Au fils de Pontchartrain qui l'y vint voir, et qui lui demanda indiscrètement ce qu'il faisait là : « Ce que je fais là? répondit-il; je m'ennuie, c'est ma pénitence, je me suis trop diverti. » Il était si peu fait pour s'ennuyer qu'il y mourut prématurément^.
Pelletier de Sousy, longtemps intendant de Flandre, puis directeur des fortifications à la mort de Louvois, voulut aussi, quoique un peu tard, expier sa vie mondaine, sa table exquise où s'assemblait la fleur du plus grand monde, et se relira à Saint-Victor. Il y mourut également d'ennui, selon Saint- Simon, et sans doute aussi de ses quatre-vingts ans passés, Age où il s'avisa de songer à la retraite ^
D'Armenonville, qui fut chargé de l'une des deux directions (.le finances créées par Ghamiiiarl pour alléger son fardeau, était « un homme léger, gracieux, respectueux quoique familier, toujours ouvert, toujours accessible, qu'on voyait peiné d'être obligé de refuser, et ravi de pouvoir accorder, aimant le monde, la dépense et surtout la bonne compagnie, qui était toujours nombreuse chez lui ^ )>.