‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 209 sur 318 · I. Sainl'SimoHy l- IV, p. 139; t. Xlll, p · texte numérisé non relu

I. Sainl'SimoHy l- IV, p. 139; t. Xlll, p

il éloime par Tabondance, la précision et le charme de ses souvenirs. Voltaire, son hôte et son auditeur à Saint-Ange, provoque et célèbre sa spirituelle et merveilleuse mémoire :

Gaumartia porte en son cerveau

De son temps l'histoire vivante ;

Gaumartin est toujours nouveau

 mon oreille qu'il enchante;

Gur dans sa tête sont écrits

Et tous les faits et tous les dits

Des grands honmies, des beaux esprits,

Mille charmantes bagatelles,

Des chansons vieilles et nouvelles,

Et les annales immortelles

Des ridicules de Paris ^

Voltaire se laisse même gagner par la passion qu'il nourrissait pour Henri IV et Sully, et c'est à Saint- Ange qu'il conçoit et ébauche la Henriade.

M. de Gaumartin se confond avec les grands seigneurs nonseulement par le ton et les façons, mais encore par Féclat extérieur de la vie ; il fait bonne chère, il mène un train honorable et même magnifique ; un dernier trait, relevé par Saint- Simon, achève l'élégance de ce personnage : « il n'avait pas été indifférent pour les dames* ».

Les frères du second lit eurent aussi leur bonne part de verve. L'un, l'abbé de Gaumartin, persifla si joliment en 1694 la fatuité littéraire d'un nouvel académicien, M. de Noyon, né Clermont-Tonnerre, que son évêché en fut ajourné jusqu'en 1718. Un autre, Gaumartin de Boissy, dépensait dans le monde et dans ses lettres à sa sœur. M"* de Balleroy, confinée en province, un aimable et piquant esprit qui marquait de son coin les menus événements de la cour et de la ville ^.

Gourtin, l'habile diplomate, l'intègre intendant des finances, relevait ses vertus et ses talents d'une politesse noble, aisée, charmante :

Il avait beaucoup d'esprit, de grâces et de four, mais rieu de guiiidc, cxirêmemeut l'air et les manières du grand monde avec lequel il

1. Ë pitre à M. le prince (le Vendôme, gratul prieur de France (1715).

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