‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 234 sur 318 · I. Saint-Simon, t. I, p · texte numérisé non relu

I. Saint-Simon, t. I, p

i. l/anr,i«n ambassadeur, à Rome, qui n'avait laissô qu'uno fille, avait crnporl/; dans la tombe le duché de Créquy, érigé pour lui en 1G63; mais les (Iréquy n:(:ur'illai(;ul le duché de Lcsdiguières. Le mari de M"** de Duras était mîViMi (h; (îauapbîs à la mode de Bretagne.

:{. Ultrc (le liumj à ;)/"•« de Sévig7ié, du 20 février 1687.

que de corps et incapable de lout emploi. Le maréchal de Villeroy, son cousin germain, lui ayant obtenu, à la mort de son oncle Tarchevêque de Villeroy, le commandement de Lyon, il avait cru succéder à la fois au prélat et au gouverneur de la ville, et s'était mis à distribuer de droite et de gauche force bénédictions aux passants; ses bévues de tout genre avaient vile usé le prestige de son nom; il avait, à la fin, fallu le rappeler, et depuis lors il promenait à la cour et à la ville sa^sollise et sa décrépitude habillées à la dernière mode : tel était lo personnage qui demanda la main de M"* de Vivonne et qui l'obtint. Comme il donnait au cardinal de Coislin la raison de cette alliance un peu tardive, lui contant son désir d'avoir des enfants: « Des enfants! monsieur, lui répliqua le cardinal, mais elle est si vertueuse ! » La compagnie éclata de rire, d'autant plus que Tévêque d'Orléans était le plus chaste des prélats non-seulement dans ses mœurs, mais dans son langage : il avait fallu la sottise de Canaples pour lui arracher cette leste réplique !

La mort prématurée de M. de Lesdiguières mit Canaples en possession de son duché; il en jouit jusqu'en 1711, mais ses vœux n'avaient été qu'à moitié satisfaits ; le cardinal de Coislin avait bien jugé M"*" de Vivonne : le duché s'éteignit avec le duc faute de postérité. « M"** de Lesdiguières eut la sottise de pleurer son mari ; on se moqua bien d'elle : « Que voulez- vous, » dit-elle, je le respectais comme mon père et je l'aimais ï> comme mon fils. » On s'en moqua encore davantage ; elle n'osa plus pleurer. M™*' de Lesdiguières éprouva un autre sentiment qui ne fut pas trouvé moins original : elle parut embarrassée de sa liberté. Une telle veuve eût assurément mérité de pleurer un plus aimable époux ^

Aucun des enfants de M"® de Montespan n'avait trouvé à redire à cette ridicule union : la duchesse de Chartres réservait ses scrupules et ses protestations pour un autre genre d'alliances. La seconde fille de M"* de Vivonne, M"** de Castries, était devenue dame d'atour de sa cousine germaine, qui choisit peu après M. de Castries pour chevalier d'honneur. Cetle princesse, tout en s'entourant des siens, se gardait bien

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