Saint-Simon, t. lï, p. 388; t. VI, p
440 Là robe.
de les avouer. Ils se seraient perdus eux-mêmes s'ils avaient fait allusion au lien commun. Elle était Torgueil même, n'avait pas plus de mère que Minerve, et ne reconnaissait de parents que ceux de Jupiter. Un jour cependant elle se souvint de sa famille maternelle, et ce fut pour la désespérer. Les Castries n'avaient qu'un fils, fort bien fait, qui promettait beaucoup, et qu'ils aimaient tendrement. Ils cherchèrent à le marier d'autant plus richement qu'ils avaient eux-mêmes moins de bien ; leur choix s'arrêta sur une bru idéale : elle avait une beauté parfaite, tous les dons de l'esprit et de l'àine, et un million de dot ou d'espérances. Une inclination réciproque faisait de cette alliance une alliance à souhait. A peine en eut-on parlé à la duchesse d'Orléans qu'elle s'emporta, se déclara offensée, et arrêta court le mariage. La bru de M. et de M"" de Castries avait aux yeux de l'auguste bâtarde une tache impardonnable : elle était de robe, fille du conseiller Noient. Notez que la duchesso d'Orléans ne s'offrait ni à marier ni à doter sa jeune cousine. Ce ne fut qu'au bout de six mois que le duc du Maine et le comte de Toulouse obtinrent la levée de l'interdit, mais l'orgueilleuse princesse battit froid aux Castries et accabla la jeune femme de ses dédains. Quelques mois plus lard, elle fut délivrée du spectacle de celte mésalliance : ces aimables époux furent emportés à la fleur de leursans, à quatre jours l'un de l'autre. Les Castries regagnèrent les bonnes grâces de la princesse, mais leur cœur avait reçu un coup dont il saigna jusqu'à la mort^
En suivant la destinée des enfants de M""» de Vivonne, nous avons montré de façon plus sensible de quelle brillante parenté pouvaient se vanter et s'appuyer les Mesmes. Le préjugé si tenace de Saint-Simon est obligé de confesser l'esprit et les grâces supérieures des filles d'Antoinette de Mesmes : « Elles ne tenaiejitrien de la crasse maternelle, pas même leur propre mère qui en était ^ ».
Le nom des Mesmes ne fut continué que par la descendance du dernier frère du président, M. d'Irval. Le second, qui s'illustra dans les ambassades, y gagna le titre de