Dangeau, 25 avril
(ni G), avec une réputation intacte: ni les désordres du temps,
ni les outrages de son mari n'avaient pu altérer sa vertu '.
Son sort semblait ne devoir tenter personne ; il se trouva cependant une princesse du sang toute prête h l'affronter, M"" de Charolais, tille de M""" la Duchesse. Elle était la maîtresse de M. de lliehelieu : de son amant, elle voulut faire son mari ; l'énergique résistance de sa grand'mère et de son frère, M. le Duc, lui épargna celte folie et déjoua les desseins de l'ambitieux qui se cachait sous l'homme k bonnes fortunes'. Ce don Juan du xvnr siècle, malgré ses galanteries sans nombre, se maria aussi souvent que son père, la dernière fois à quatre-vingt-quatre ans, et surpassa sa longévité, n Vi^Ta-t-il î cela est douteux > , écrivait en 1096 M. de Coulanges à M°" de Sévigné, en lui annonçant la naissance du duc de Fronsac, venu au monde avant terme'' : il ne mourut qu'en i788, à quatre-vingt-douze ans.
Si son cousin germain, le marquis de Richelieu, avait compté sur sa santé cbélive pour hériter du ducbé-pairie, il avait fait un mauvais calcul. Ce marquis, d'ailleurs, n'était guère fait pour soutenir l'éclat de ce haut rang. Saint-Simon le peint comme un homme obscur, ruiné, débauché et, quoique fort spirituel, enterré dans la crapule et la plus vile compagnie*. Il avait dû, dans sa jeunesse, sortir du royaume pour avoir enlevé de Sainte-Marie de Cbaillot M"' de Mazarin, que le duc de Mazarin, l'homme aux tergiversations infinies, tardait trop à lui donner. Un mariage secret unit les deux jeunes gens. M. de Mazarin jeta les hauts cris, puis se calma et donna même 100000 francs avec le gouvernement de la Fère à ce gendre d'humeur si impatiente, à la condition qu'il épouserait sa fille une seconde fois ■•. Le roi fit grâce aux coupables < en considé-