‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 9 sur 318 · Dangeau, 24 mai et 1*' juiUet · texte numérisé non relu

Dangeau, 24 mai et 1*' juiUet

Condé, éprouve-t-il le moindre embarras à rappeler « ce nouveau lien de sa famille avec la personne du roi » ? Bourdaloue /ui-même ne toume-t-il pas à Téloge de ce prince la satisfaction qu'il ressent de cette étroite alliance ? « Avec quelle application n'étudiait-il pas les volontés de ce monarque pour y conformer les siennes ? Avec quelle ai'deur n'allait-il pas audevant de tout ce qui pouvait lui plaire ? avec quelle joie ne voyait-il pas sa famille unie à la personne de ce grand roi par le lien d'un heureux mariage *. »

Un an après cette grande joie, cette bru si convoitée, si précieuse, était atteinte de la petite vérole, s'en guérissait, mais sa maladie coûtait la vie à Condé, qui s'était prodigué à son chevet *.

Si Gondé ne vécut pas assez pour voir sa petite-fille, M"* de Charolais, épouser le duc du Maine ^, il avait pu du moins pressentir ce mariage, car on l'annonçait déjà sept ans auparavant, dès 1685, en même temps que celui de M*** de Nantes. Le roi, selon Saint-Simon, disait franchement au duc du Maine que ce n'était pas à des espèces comme lui à faire lignée. M. le Prince ne partageait pas l'avis du roi ; il pressentait l'avenir des bâtards, car il le mesurait à la tendresse et à l'orgueil de leur. père. Le temps n'était plus où on les cachait à la cour et au monde, où l'on parlait d'eux tout bas, comme d'êtres mystérieux destinés à rester toujours ignorés ; leur rang, leur faveur, croissaient rapidement ; ils allaient tout à l'heure égaler les princes du sang, être déclarés aptes au trône. M. le Prince s'accommodait volontiers de telles espèces pour gendres, surtout de l'héritier des biens immenses de M"® de Montpensier, le duc du Maine. Il obséda, persécuta le roi, et finit par le convaincre *.

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