PREFACE
Paris aime à déplacer son Forum et sa voie Appienne. Du temps de Ghaulieu, le boulevard du Temple centralisait la vie parisienne. Du temps de Gambacérés, ce fut le Palais-Royal. Les promeneurs élégants ont, tour à tour, fait crier le sable du jardin des Tuileries et foulé le bilume du boulevard des Italiens.
Aujourd'hui on remonte la grande avenue desGhamps- Élysées et Ton descend Tavenue de Tlmpératrice; c'est là qu'accourent cbaque après-midi les étrangers et les provinciaux désire^ux d'être initiés aux mystères parisiens. Les uns sacrifient au luxe et se prélassent dans des voitures de remise ; les autres, plus modestes, s'entassent dans des fiacres; d'autres se contentent des chaises de fer alignées de chaque côté de l'avenue ; ces derniers sont les observateurs, les seuls vrais curieux.
Au mois de juillet dernier, traversant Paris pour me rendre aux bains de mer, et ne m'y arrêtant qu'un jour, je passai ce jour entier à me promener ; vers quatre heures, je me trouvais dans les Ghamps-Élysées ; il faisait un soleil magnifique, j'étais lasse, je pris bravement une des chaises de fer et je dis à ceux qui m'accompa-