AYANT-PROPOS
gnaient : Faites comme moi. Asseyez-vous, reposez-vous et regardez.
Nous étions là depuis un quart d'heure, peut-être, et notre curiosité, faiblement excitée, n'avait encore trouvé que des objets assez insignifiants, quand un temps d'arrêt dans la file des voitures qui montaient l'avenue plaça devant nous une superbe calèche. A la beauté de l'attelage, à la richesse des étoffes et des (ons, non moins qu'à la livrée, nous reconnûmes un des équipages du célèbre manufacturier Tayeur, ce parvenu orgueilleux qui marie ses filles à des plébéiens pot/r ne pas déroger ^ et qui dit à ses amis : c Je ne veux dans ma galerie que des tableaux, et dans mes écuries que des chevaux comme les rois seuls peuvent en avoir. »
— « Qu'est-ce que ce Tayeur ? demanda le chargé d'affaires de X... à Z... qui traversait aussi Paris pour se rendre aux eaux d'Ems et qui était ignorant, comme un véritable étranger qu'il est, de toutes les sommités parisiennes.
— « Tayeur, répondit Paul de. . . , est tout simplement un des hommes les plus intelligents, et jusqu'à hier des plus estimés de l'époque : commis d'ordre dans une ville de province, il est venu à Paris avec dix francs dans sa poche; il s'en vante! Et, par sa seule activité, son génie commercial, il s'est créé, en moins de vingt ans, une des fortunes les plus colossales, je dirai même les plus honorablement acquises de ce temps. Mais quels prodiges de patience, de persévérance n'a pas accomplis cet homme acharné à un travail opiniâtre ,