‹ Les mariages de la créoleChapitre 9 sur 71 · POST-PRÉFACE · texte numérisé non relu

POST-PRÉFACE

J'ai toujours cru, avec trop d'ingénuité sans doute, qu'il n'y avait qu'une règle pour juger le bien et le mal, et que cette règle établie par la morale de tous les temps et de tous les pays, avait été dictée par la conscience de l'humanité sur tout ce qui est juste ou injuste, honnête ou infâme.

Il parait que je me suis trompée, et je dus me convaincre de mon erreur, aussitôt que j'eus annoncé la publication de mon roman : les Mariages de là Créole.

En écrivant ce livre, je me suis proposé de stigmatiser le vice et l'immoralité; c'est pourquoi j'ai pris pour type, afin de le démasquer, un de ces êtres dont l'audace égale l'impudence, et qui, n'obéissant qu'à de mauvais instincts, parviennent, au moyen de ruses, de perfidies, de crimes même, à pénétrer dans le sein de familles honorables, pour s'emparer de leurs secrets, s'en servir et y porter le trouble, la honte et le déshonneur.

Ce résultat n'était pas le seul que je désirais obtenir; je voulais aussi infliger la flétrissure de la loi morale à ces pères de famille qui, dans un âge avancé, n'ont pas l'énergie de résister à une passion aussi ridicule qu'insensée, et qui, sans se soucier de leur propre considération, de la dignité de leur femme et de Tave-

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