‹ Les mariages de la créoleChapitre 10 sur 71 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

nir de leurs enfants, se laissent aveuglément entraîner dans une voie de désordres et d'infamies.

Ce double but me paraissait intrinsèquement moral, et je croyais qu'à ce titre, mon livre, quel que fût d'ailleurs son mérite littéraire, devrait être accueilli favorablement par l'opinion publique.

J'étais tellement persuadée de la moralité de cet ouvrage, que, même avant qu'il fût entièrement terminé, je n'hésitai pas à laisser publier la préface dans laquelle j'ai esquissé à grands traits les types principaux que je veux mettre en scène.

Mon Dieu! qu'ai-je fait? quelle faute ai-je commise?

La préface est à peine publiée dans t Indépendance belge, que de toutes parts on s'ameute contre moi. On m'accuse d'avoir commis une mauvaise action, d'avoir dévoilé des mystères qui doivent rester dans l'ombre; on me reproche d'avoir raconté des scènes scandaleuses et d'avoir composé un de ces livres obscènes que réprouvent et la moralité et le bon goût littéraire.

J'avoue franchement que je crus, au premier abord, être le jouet d'un songe :

« Comment, me disais-je, je dévoile des mystères ! je raconte des scènes scandaleuses! j'ai composé un livre obscène?...

c Cela m'étonne, car enfin je sais pourtant, aussi bien que qui que ce soit, ce que j'ai écrit et ce que j'ai l'intention d'écrire.

c Qui peut donc m'adresser ces reproches, puisque

Page 1