Revue du clergé français, 15 juillet 1914, p
la règle ab uno disce omnes? Personne. M.Calippe, il est vrai, entend par là exprimer la crainte que, consciemment ou non, on ne tend à faire de cette formule une règle, et, de cette règle, une application inconsidérée. Mais ce n'est plus alors qu'une question d'espèce, de réflexion critique et de mesure. Je me suis très nettement expliqué sur ce point (i). Autant une généralisation immédiate et définitive des faits observés serait abusive, autant leur stricte individualisation altérerait la réalité. Restreindre de parti-pris la portée de l'exemple ne serait pas moins dangereux que delui donner, par système, une extension imméritée. On ne doit pas oublier que l'ouvrier vit beaucoup plus d'une vie collective que d'une vie individuelle : il sent, pense et agit surtout par masses. L'originalité individuelle est le produit d'un système complexe qui suppose les épais sédiments de l'éducation, del'instruction, de la tradition familialeetdes multiples influences qui se mêlent au carrefour d'une âme longuement cultivée. Pour un ouvrier, tout se passe beaucoup plus simplement. Sa formation est nécessairement bien plus rudimentaire, et elle est sensiblement moins sa propriété personnelle que le bien collectif du large groupe dont il dépend : livré au milieu formateur, il le reflète ; son âme aussi est vêtue de « confection » et non de « sur-mesure ». Mes recherches m'ont généralement montré mes com-