PAPE
détonation épouvantable. Une seconde après, la mer étant remuée jusque dans ses dernières profondeurs ; à la place des trois navires disparus, on n’apercevait plus qu’une immense nappe noire bouillante sur laquelle surnageaient de nombreux débris, débris de mâture, et débrishumains.… Les pirates et leurs chefs avaient été engloutis dans les flots avec Bisson. Trémentin avait, par une sorte de miracle, échappé à la mort; soulevé par la trombe enflammée, ils’était vu lancé sur la plage où, dans sa chute, il eut le corps meurtri, la jambe brisée! Par bonheur, les quatre matelots, qui sur l’ordre de Bisson s’étaient jetés à la mer, avaient pu gagner le rivage, et ils aperçurent le second évanoui. S’approchant aussitôt, ils parvinrent à le rappeler à la vie. Bientôt la Magicienne, à la recherche de sa prise, ayant reparu, tous furent recueillis et sauvés, même Trémentin qui en fut quitte pour l’amputation.
« Cet événement, si glorieux pour notre marine, dit un compatriote des deux braves, M. Hippolyte Violeau, cet événement eut un grand retentissement en France, et ma sœur n'a pas oublié avec quel sentiment de respect notre mère nous montra un jour dans les rues de Brest lu jambe de bois (c'était le nom le plus populaire du brave pilote), et combien, tout enfant que j'étais, je partageai son orgueil quand elle nous dit que Trémentin était breton comme son héroïque capitaine. »
Une statue en bronze, comme on l’a dit en commençant, s'élève à Lorient en l’honneur de Bisson. À Guémené, lieu de sa naissance, se voit aussi un moment plus modeste : c’est une inscription sur ur socle en granit, surmonté d’une colonne en marbre noir. « Dans la salle de la mairie de la même ville, ajoute l'écrivain déjà cité, un beau tableau, malheureusement trop négligé, nous montre encore lintrépide marin, mettant le feu aux poudres. Ce tableau est
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