JACQUES VIVIER DU NOLEAU
Jacques Vivier du Noleau, écuyer, naquit à la Rochelle le 3 février 1752. Il était fils de Paul Vivier, écuyer, seigneur de Vaugoin et du Noleau, gentilhomme de la maison du Roi, armateur, et de Anne-Marie Rocaute. Après avoir fourni les preuves de noblesse exigées à cette époque pour entrer dans l'armée avec le grade d'officier, il fut nommé sous-lieutenant au régiment de Champagne, et il était premier-lieutenant au régiment d'Austrasie, quand il fut embarqué comme officier des troupes de pont, à bord du vaisseau le Héros, monté et commandé par le bailli de Suffren, pendant la guerre maritime que la France soutenait, dans les mers de l'Inde, contre F Angleterre. Le 6 juillet 1782, l'escadre de Suffren combattait avec succès, à Négapatam, contre une escadre Anglaise très supérieure en nombre. Le vaisseau le Héros, criblé de projectiles, perdit une grande partie de son équipage ; le lieutenant Jacques Vivier fut tué.
Bien qu'il appartînt à l'armée de terre, il nous a paru que cet officier tombé, l'épée à la main, sur le pont d'un de nos vaisseaux de guerre, devait être cité parmi ceux qui ont contribué à la gloire de notre marine.
Quelques années plus tard, son frère aîné, Jean-Elie Vivier de Vaugoin, écuyer, lieutenant-colonel du génie, chevalier de Saint-Louis, mourait aussi au champ d'honneur pendant le siège de Landau.
Jacques Vivier et son frère Jean-Elie appartenaient à une très ancienne famille protestante de la Rochelle et de Saintonge, qui avait compté depuis 1391 jusqu'à 1599, des Conseillers au Parlement de Paris. Lors de la révocation de Tédit de Nantes, plusieurs de ses membres profitèrent des ordonnances royales permettant aux gentilshommes de se livrer au commerce maritime sans déroger, et prirent rang parmi les principaux armateurs Rochelais et les directeurs de la Chambre de commerce. A partir du commencement du xviii 6 siècle, la famille Vivier a toujours été dignement représentée par de nombreux officiers dans l'armée, parmi lesquels Louis-Théodore Vivier, chef d'escadron d'artillerie, officier de la Légion d'honneur et de l'Instruction publique, chevalier de l re classe de Saint-Ferdinand d'Espagne, 1792- 1873 ; — et Louis-Elie Vivier, colonel d'artillerie, officier de la Légion d'honneur et de l'Instruction publique (1818-1894). A une date récente, le 26 décembre 1893, Paul Vivier, capitaine de frégate, chevalier de la Légion d'honneur mourut à Madagascar, à bord du Primauguet. — Armes : D'azur au cygne d'argent nageant sur des ondes de même, surmonté en chef de trois étoiles d'or. — Vécusson timbré d'un casque de face.