LOUIS-PIERRE-HENRY SAILLARD
Fils de M. François- Armand Saillard, Consul Général de France à Lima (Pérou), et de M me Clémence-Isaure- Charlotte Titon, Louis-Pierre-Henry Saillard, naquit le 20 septembre 1835 à la Nouvelle-Orléans, où son père était alors Consul. Sa mère mourut en 1840, son père cessa de vivre deux après, laissant orphelins quatre enfants qui, ramenés en France, furent confiés aux soins de leur grandmère maternelle, M me Titon, veuve d'un Receveur général de la Charente-Inférieure, descendant du Conseiller au Parlement de Paris, Titon du Tillet, auteur du Parnasse Français. C'est près de son aïeule et de sa sœur mariée à un Rochelais, M. Adolphe Gon, que Saillard retrouva un foyer de famille ; c'est à la Rochelle que le rattachaient les souvenirs de son enfance et les fidèles amitiés, que lui avaient faites ses rares et délicates qualités de cœur, alliées chez lui à une intelligence distinguée.
Attiré de bonne heure par une vocation déterminée vers la carrière maritime, il entra à l'Ecole navale, d'où il sortait comme aspirant de 2 e classe, le 21 juillet 1854. Aspirant
de l re classe le 1 er septembre 1856. Enseigne de vaisseau, le 28 août 1858. Lieutenant de vaisseau, le 8 mai 1863, il prit part aux campagnes de guerre : de la Baltique contre la Russie, 1854, à bord de la Frégate la Persévérante; — d'Italie, abord de YOrénoque, 1859; du Mexique à bord de la frégate La Victoire. Pendant cette dernière expédition, il fit partie des Compagnies de débarquement qui combattirent à Mazatlan, et se distingua personnellement à plusieurs reprises.
Chevalier de la Légion d'honneur, le 15 août 1865, Henry Saillard était déjà titulaire des Médailles de la Baltique, d'Italie et du Mexique.
Pendant les dix-sept années que dura sa brillante, mais trop courte carrière, il avait presque constamment navigué, notamment, pendant quatre ans, dans les mers de Chine, puis sur les côtes d'Afrique, aux Antilles et dans l'Océan Pacifique.
Le 31 mai 1869, il embarquait comme second sur l'aviso le Limier, et arrivait, dans les premiers jours de janvier 1870, à Port-au-Prince.
Une violente épidémie de fièvre jaune y sévissait alors, et enlevait, à bord du Limier, 50 hommes de l'équipage et quatre officiers. Le 7 janvier, Saillard fut une des victimes de l'épouvantable fléau (1). Il vit approcher, avec la calme et confiante résignation d'un chrétien, la fin d'une existence noblement remplie. Le commandant Conte, annonçant sa
(1) Les restes mortels $ Henry Saillard, ramenés en France, en janvier 1870, ont été déposés dans un caveau de famille, au cimetière de la Rochelle, où son éloge funèbre fut prononcé par le lieutenant de vaisseau, depuis contre-amiral, Bouline au.
mort à sa famille Rochelaise écrivait, à la date du 28 janvier 1870 : « Nous avons, à cette heure, perdu 50 hommes et « quatre officiers ; la perte la plus cruelle pour mon cœur « et pour mon équipage est, sans contredit, celle de mon « pauvre et regretté ami. Son caractère profondément bon, « ses qualités aimables et sa fin héroïque ont laissé, parmi « tous, un souvenir ému et impérissable. Saillard, n'écoutant « que son dévouement, s'est fatigué outre mesure en faisant (( installer des hôpitaux pour nos hommes, et visitant les « malades et les mourants par une chaleur excessive.
« J'ai voulu, plusieurs fois, modérer ce zèle admirable, a mais dangereux ; il pensait que son devoir lui commandait « de semblables sacrifices, et il a aimé assez passionnément « son devoir pour en mourir. »
LOUIS-MÀRIE-FRANÇOIS REYNIERS
Reyniers Louis-Marie-François, né le 26 janvier 1836, à Bordeaux, fils de Adrien-Adolphe et de Louise-Augustine Rivet, de La Rochelle, 42 ans 2 mois 22 jours ou 506 mois 22 jours de services, dont : 151 mois 18 jours à la mer en paix; 113 mois 1 jour, à la mer en guerre ; 9 mois 21 jours sur les rades de France; 25 mois 11 jours dans le port, et 207 mois et 1 jour à terre. Elève sur le Borda, le 4 octobre 1853; aspirant de 2 e classe, le 25 juillet 1854 ; de l re classe, le 5 octobre 1855 ; enseigne de vaisseau le 9 octobre 1857 ; lieutenant de vaisseau, le 10 août 1862 ; capitaine de frégate, le 1 er décembre 1877 ; capitaine de frégate, le 1 er février 1881; capitaine de vaisseau, le 13 avril 1886. 24 embarquements sur la Persévérante (1854), l'Hercule, le Prince Jérôme (1855), le Montebello, le Canada, la Némésis (1856), Y Audacieuse, la Meurthe (1857-1858), la Capricieuse, la Durance, l'Européen, le Labrador, l'Impérial, Y Alexandre, le d'Assas (1863-1866), le Bruat, la Moselle (1870-1871), le Tourville, le Duquesne, la Reitie Blanche, le Du Petit-Thouars, le Rigault de Genouilly, le
Fulminant, le Sané (1892). Le 26 janvier 1896, radié des contrôles de l'activité. — Habite aujourd'hui Paris. Chevalier de la Légion d'honneur, le 14 septembre 1855; officier de la Légion d'honneur, le 11 juillet 1880; commandeur de la Légion d'honneur, le 11 juillet 1895.