ACTE TROISIÈME
uorge sèche d'anxiété, un mot Je douceur et n'entendre qu'une phrase banale et indifférente! Si vous saviez le grand vide qui se fait alors en soi! Le mot d'amour qu'on espère toujours et qui ne vient jamais. Et j'ai soutFert tout cela sans rien dire! J'ai tant de détresse en moi que je n'ai pas eu, tout à l'heure, la sagesse de vous imposer silence... Tous les mots que vous venez de me dire, je ne les ai jamais entendus...
VAREINE
Je vous aime.
FERNANUE
...Alors, ils me grisent...
VAREINE
Jurez-moi que vous n'aimez plus ailleurs.
FERNANDE
Mes pensées se heurtent et s'embrouillent... je ne sais plus si j'aime... je ne sais plus si j'ai jamais aimé... je ne sais plus si j'aimerai jamais., je ne sais plus rien! Je ne sais plus rien! Je ne sais plus rien!
VAREINE
Oh! je voudrais... je voudrais vous emporter loin d'ici! Ah! oui, partir tous deux vers des pays de soleil, de lumière et de joie! Serrés l'un
100 LES MAIUONNETTES
«•ontro l'autre, regarder avec les mêmes yeux! iS'avoir qu'un cerveau et qu'un cœur! Vous voir vivre enfin! Fernande, partons, l'amour est la seule chose qui compte dans la vie!...
FERNANDE
Ah! pour Dieu! ayez pilié de moi... do mes angoisses... de ma détresse...
VAREINE
Un mot... un mot d'espoir...
FERNANDE
Oui... non... partez... parlez...
On onlrml !<• rhœur napolitain.
VAREINE
Voyez, j'ai mes lèvres à la portée de vos lèvres et je n'ose les officnror de peur de vous odenser.
FERNANDE, avec force.
Partez... je vous en supplie!
VAREINE, en se reculant.
Je vous adore!
FERNANDE, d'une voix éteinte.
Partez!
11 sort. Quelques secondes s'écoulent. Femey rentre.]