‹ Les marionnettes, comédie en quatre actesChapitre 127 sur 141 · ACTE QUATRIÈME 2U · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME 2U

NIZEROLLES

Tenez, je vais me recoucher. Vous êtes trop bote I

ROGER, l'aiTêtant.

Oui, mais pas avant de m'avoir juré sur l'hon ncur que vous n'êtes au courant de rien.

MZEROLLES

Ah çà! voyons, est-ce moi qui ai mal dormi, ou est-ce vous qui n'êtes pas éveillé! Me faire jurer sur l'honneur... à onze heures du matin! C'est trop stupide, vraiment!

ROGER

Croyez-moi, Nizerolles, je n'ai nulle envie de

plaisanter.

C'est sérieux?

ROOEIt

Très sérieux, et, pour la seconde fois, je vous prie de me jurer sur l'honneur...

ISIZEUOLLKS

Mais, je vous jure sur l'honneur, je vous jurerai tout ce que vous voudrez. Nous avons tous fait, plus ou moins, la cour à votre femme, en gens

2IG LES MAIUONNETTES

bien élevés quo nous sommes, et moi-même, je ne m'en caclie pas, je lui ai dit, comme tant d'autres, mille choses aimables...

ROGER

11 ne peut être question de vous.

NIZFROLLES

Votre conliance m'honore, tout en me blessant un peu.

ROGER

Non, quittez cet air badin, je vous en conjure, et venez à mon aide si vous le pouvez.

MZEROLLES

Allons, allons, mon petit, vous battez la campagne! Votre femme, un amant! Qu'est-ce que vous allez chercher là?

ROGER

J'en suis sûr! Hier au soir, j'ai quitté brusquement la soirée, et, lorsque je suis revenu, je l'ai surprise au téléphone, et j'en ai assez entendu pour être certain de ce que j'avance. Voyons, NizeroUes, mon bon Nizerolles, nous sommes de vieux amis, je sais l'amitié sincère que vous avez pour moi... dites-moi la vérité... il me la faut... j'en ai besoin, vous me la devez.

ACIE QUATHIÈME

MZEROLLES

Encore une fois, je ne sais rien... et je me demande si c'est bien vous qui me parlez.

ROGER, nerveux.

Oui, c'est moi, c'est moi.

NIZEROLLES

Je vous ai vu hier au soir si gai, si tranquille, et, permettez-moi de vous le dire, si indifférent...

ROGER, fie môme.

Eh bien, je mentais, là! Je mentais! Je ne voulais donner à personne le droit de connaître mes pensées!

MZEROLLES

Mon pauvre ami!... Si vous saviez comme il est difficile de déguiser son cœur et si vous saviez aussi, lorsqu'on aime, comme certains sourires ressemblent à des grimaces! Il y a longtemps que je vous avais deviné.

ROGER, do inôme.

C'est entendu!... Vous aviez compris que je l'aimais. .. alors que je l'ignorais moi-même ! Vous voyez tout! Vous savez tout! Vous êtes le bon Dieu, là.

MZi:iu>LLi;.s Calmez-vous!

ROGEK

Oui... Excusez-moi... pardonnez-moi. Je no sais plus ni ce que je dis, ni ce que je fais. Lorsque je l'ai surprise là, comment ne l'ai-jo pas tuée, je me le demande encore! Je me suis sauvé d'ici comme un fou, et j'ai marché dans la rue, droit devant moi, au hasard; on rentrant, je croyais la trouver éveillée, et debout, elle aussi ! Non! Elle dormait, enlendez-vous, Nizerollos! Il faisait nuit dans sa chambre et sa porlo était close. Oui, elle dormait, tandis que j'allais, que je venais, que je tournais dans cette pièce, comme une bête dans sa cage. Alors, je me mis à fureter, à fouillor partout comme un gamin. Je vidai les tiroirs, forçai le secrétaire et j'attendis le jour, impatient de vous voir et de vous questionner. Et vous êtes là! Et je ne suis pas plus avancé (ju'avant! Oui, voilà où j'en suis! Je ne vois plus clair... je ne coniproiids plus... je n'y suis plus... Voilà... Voilà!

NIZEHOLLi:S

Ecoiiuv-nioi, Uogcr!

ROfiKK

Ah! si c'est cela, l'amour! Que Dieu m'en pr^

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