ACTE PREMIER
était trop jeune pour la mettre au couvent. Je Tai donc gardée avec moi. Si vous saviez quel courage elle m'a donné! Pendant des heures entières, elle venait s'asseoir sur un petit banc, au pied de mon bureau, sa poupée dans les bras. Je la vois encore, petit tas de chair rose et blonde, immobile, sage et silencieuse, fixant sur moi ses grands yeux graves. Quand des pensées trop tristes m'accablaient, je lui parlais comme si elle avait dû me comprendre. Je lui disais : « Vois-tu, ma pauvre petite Nade, nous sommes deux isolés, nous devons être tout l'un pour l'autre. Pour l'instant, je suis ta force; quand je serai très vieux, tu seras la mienne. 11 faudra donc nous aimer pour tous ceux qui ne peuvent plus le faire. » Elle me regardait, étonnée, son petit bec entr'ouvert, puis elle grimpait sur mes genoux et se blottissait dans mes bras. Moi, je continuais à parler et j'avais une joie infinie <répancher ainsi mon cœur triste dans ce petit cœur pur et fidèle, et, régulièrement,, elle s'endormait en souriant, sans se douter que c'était ma douleur qui l'avait bercée.
p)izp:rolli:s Queilo bonno maman vous dovio/ faire.
FERNEY
Plus tard, elle m'aida dans mes recherches.
MZEROLLES
Vos recherches ?
ROGER
Monsieur de Ferney prépare iin long travail sur la vie des insectes.
MZEROLLES
Ah!
FERNEY
Oui, je l'aurai terminé d'ici un ou deux ans, je Tespère. 11 y a tant de choses à dire, à observer, sur tout ce petit monde de tisserands, de maçons...
MZEROLLES
Vraiment?
FERNEY
Vous vous mordez les lèvres pour ne point rire?
NIZEROLLES
Mais non, je vous assure.
FERNEY
Quels beaux enseignements ils nous donnent, de science, d'art, de solidarité, de charité I