ACTE PREMIER
par amour, oui, ma chère, pour une femme. » Ariette m'entraîna, brusquement, et très pâle : « C'est fini! II en aime une autre, je ne veux plus penser à lui. » ,
VAREINE
AlorS/?
FERNANDE
Alors, pendant huit jours, par le seul fait qu'elle pensait à ne plus penser à vous, elle y pensa naturellement bien davantage.
VAREINE
Et le neuvième?
Oh! le neuvième, vous fûtes complètement oublié! Elle avait d'ailleurs été tout étonnée de souffrir.
VAREINE
A douze ans, on ne sait pas,
FERNANDE
Oui... on n'a pas encore l'habitude... Et, ditesmoi? C'était vrai, ce que disaient les grandes?
VAREINE
J'avais dix-huit ans, madame. A dix-huit ans, n'est on pas capable de toutes les folies! 11 y a des
:i4 LES MARIONNETTKS
jeunes tiens exaltés — et j'en élais — (\ni jn'nieuL bruyamment toutes leurs illusions. Et puis, on a une sorte de joie héroïque à se prouver (ju'on est alTrousement malheureux. Oui, j'aimais une femme. Je l'aimais parce qu'elle était ma première maîtresse! Je l'aimais surtout parce que la pr(> mière aussi ell»^ m'avait fait pleurer! J'étais naïf, ne connaissant pas la vie. et, en brave petit homme que j'étais, je m'imaginais que l'amour était quelque chose de très beau, de très noble et de très pur. Elle sut vite me primver le contraire t'n détruisant lentement, et une à une, toutes mes jolies pensées! tout ce qu'il y avait de simple et de tendre en moi! Puis, un jour, ce travail accompli, elle madressa trois lignes m'apprenanl, un peu tard, que j'étais décidément trop jeune pour elle. Elle ne se doutait pas que, par sa faute, j'étais déjà très vieux!
FERNANDE
Et vous vouliez vous tuer?
VARIAI NE
ijuand nous sommes quittés par notre première maîtresse, il nous semble toujours qu'elle emporte avec elle noire dernier amour.
FERNANDE
Oui... A cet âge, comme les hommes n'ont pn-