ACTE PKEMIER lil
VAREINE
Que disait-elle, alors?
Rien. Elle mécoutait et me répondait malicieusement : « Tu en as de la mémoire î »
VAREINE
Comme tout cela est loin!
FERNANDE
Gomme tout cela est prcsl... Tenez... asseyezvous... Tenez, je revois encore notre mère supérieure, venant un jour à nous, tandis que nous nous promenions à l'écart, nous confiant nos rêves d'enianl. Je l'entends dire à Ariette : « Petite, j'ai reçu des nouvelles de ta maman. Elle me demande si je suis contente de toi et si tu travailles !)ien! » Puis, avec mille précautions, elle lui ipprit que vous étiez soutirant, très malade... et (|u"il fallait qu'elle prie pour vous! Oui,je me souviens de tout cela très nettement. Je me souviens même que jai prié pour vous, moi aussi, sans vous connaître... et vous voilà!
VAREINE
Je suis très louché, chère madame, et un peu ému, je l'avoue, de vous entendre me rappeler
ces jolis souvenirs d'enfance. Et, comme c'esl bi/arre, je suis infiniment troublé, maintenant, au souvenir d'un pauvre petit roman qui cependant m'a laissé bien froid, jadis, alors qu'Ariette aujourd'hui en rit de tout son cœur et môme s'en moque un peu.
FERNANDE
Pourtant, elle vous aimait très fort.
Et quel est le beau joujou qui lui a fait oublier ce grand amour?
FERNANDE
Xe riez pas... A douze ans, on est déjà trop vieille pour que l'homme, le fiancé, soit remplacé par une poupée, et trop jeune aussi pour qu'il le soit par un autre pantin. C'est l'âge ingrat... même pour l'amour.
VAREINE
Alors, qui donc m'a chassé du cœur de ma cousine?
FERNANDE
Oh! un incident... moins que rien... des grandes dont nous avions entendu la conversation. L'une d'elles disait : « Tu sais, Pierre Yareine, le cousin de la petite Ariette, eh bien, il a voulu se tuer,