ACTE PREMIEIÎ
FERNEY, lendremeiil.
Toi! Laide! Non, ça, il na pas pu te le dire! Souris, mon cher petit, et crois en ma vieille expérience. Il t'aimera parce qu'il découvrira un jour les mille petits riens qui l'ont de toi un être délicieux! 11 t'aimera parce que tu es la plus jolie!
FERNANDE
C'est votre cœur qui me reg^àrde.
FERNEV
Oui... mais ce sont mes yeux qui te connaissent... Il t'aimera parce qu'il est impossible de ne pas t'aimer! Tout arrive... même l'amour... Ainsi, moi qui te parle, j'adorais ma femme, je n'existais que pour elle.... et pourtant il se passa deux longues années avant (pTclle ne se rapprochât de moi.
FERNANDE
Le cas n'est pas le même, (le n'est pas de lu haine que je sons en lui, mais ce qui est pire, une sorte de gêne... oui, il a honte de moi! Tout me le prouve. Il y a certains regards qui ne trompent pas, et certains gestes qui en disent plus que des paroles.
FERNEV
Non! j'ai fait de toi, vois-tu, un petit être trop simple, trop pur et trop parfait, c'est ça qui lo trouble. Ta modeslie lui donne l'impression d'une tare, et ta candeur éclate comme un défaut. Tout cela est de ma faute... je t'ai trop bien élevée.
FERNANDE, (le plus en plus nerveuse.
Vous VOUS trompez. J'ai fait un mariage d'amour, lui, un mariage do raison, les deux ne peuvent s'enlendre. Je m'imaginais qu'à force de tendresse il verrait clair en moi... je me suis trompée... 11 me l'a dit très nettement tout à riicure... Ce qu'il désire, c'est sa liberté complèle, définitive... et le droit d'aimer ailleurs que sous son toit!... Il veut bien être mon mari ù condition que je ne sois pas sa femme. Voilà la vérité. Non, non, je l'ai jugé et j'ai su lire en lui. Voyez-vous, mon oncle, il faut ressembler aux autres pour avoir l'air de ne ressembler à personne? Il avait donc raison : une femme comme moi n'était pas faite pour un homme comme lui ! Et me voilà mariée ! Et le prélre qui nous a bénis, nous a dit : « Soyez heureux! Il sera votre guide et vous enseignera la roule qu'il faudra suivre. Ah! la jolie route !...