‹ Les marionnettes, comédie en quatre actesChapitre 70 sur 141 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MADAME DE JUSSY

Pour une femme qui arrive du fin fond de sa campagne, elle n'est ni trop gauche, ni -trop maladroite! Vous m'avez trompée. Cependant, vous devriez bien lui dire que, lorsqu'on s'appelle la marquise de Montclars... quel décolleté! C'est indécent.

MADAME DE LANCE Y, à Fcrnoy.

En pleine campagne toute l'année?

FERNEY

Mais oui, chère madame.

MADAME DE LANCEV

VA vous ne mourez pas d'ennui?

Mais non. Aussi, je vous avoue (|U(! je ne me souviens' plus quand j'ai été dans le monde pour la dernière fois. Ce n'est plus de mon âge. Ces Heurs, ces lumières, ces toilettes, ces parfums, tout cela me grise et me tourne un peu la tête, je vous le confesse. Et puis, un vieux bonhomme comme moi fait, j'en suis sûr, fort mauvaise figure au milieu de toute celte jeunesse.

MADAME DE LANlI^

Mais non! Vous êtes-vous arrêté au rez-(l«' chaussée ayant de venir?

FERNEY

Oui... mais je me suis sauvé bien vile. On danse, on crie, on s'écrase, et j'ai failli tomber, tant le parquet est glissant. Voyez-vous, chère madame, je ne sais plus marcher sur ce terrain-là. Il est dangereux pour les petits enfants et pour les vieillards, croyez-m'en.

MADAME DE LA>(:EY

Voyons... vous n'êtes pas si vieux!

FKRNEY

Si vieux... non... mais vieux, oui.

MADAME DE LANCEY

Voulez-vous me mener au buffet, cela vrtiis changera les idées?

FERNEY

Avec joie... quand vous m'aurez indiqué...

MADAME DE LANf.KY

Je vais VOUS guider. Votre bras?

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