‹ Les marionnettes de ParisChapitre 42 sur 99 · LE PROCÈS DE MONSIEUR GRATIS · texte numérisé non relu

LE PROCÈS DE MONSIEUR GRATIS

Toute félicité humaine est mêlée de revers. Tout soleil a des taches. M. Gratis vient d’avoir un procès. La somme en litige était considérable, aussi lui conseillait-on de prendre pour défenseur un des maîtres du barreau :

— Mais laissez-moi donc tranquille avec vos maîtres, répondit-il à ses conseilleurs, je tiens mon affaire depuis longtemps. Est-ce que je n’ai pas des relations partout, moi? Un garçon qui plaidera ma cause pour rien !

Le garçon en question était un ami. Tout entier à sa clientèle courante de murs mitoyens et de police correctionnelle, il arriva à l’audience sans avoir pris le temps de déplier le dossier de son Pythias. On ne se gêne pas avec l’amitié. L’orateur n’avait pas encore pu parvenir à sortir de son exorde, que le président prononçait son terrible quos ego : « maître X, la cause est entendue. »

Monsieur Gratis a été condamné à payer à la partie adverse les cinquante mille francs qu’elle réclamait. Et comme au sortir du tribunal, uu des conseilleurs rebutés hasardait un timide reproche :

— Mais vous ne dites pas , riposta monsieur Gratis, que mon avocat a plaidé pour rien !

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