LE MARIAGE DE MONSIEUR GRATIS
La veille de la signature du contrat, monsienr Gratis, avait pris sa fiancé par le bras, lui tint à peu près ce discours :
— Mademoiselle, huml hum! on a pu vous dire quels étaient mes principes. Hum! hum! Dans tous les cas, il. est de mon devoir de vous en prévenir. Nous nous marions sous le régime dotal. C’est vous dire que vos dépenses ne me regarderont en quoi que ce soit. Hum! hum! Soyez convaincue, mademoiselle, que je mettrai, d’ailleurs, tous mes soins à assurer votre bonheur.
Et monsieur Gratis a tcnu-parole. Il ne contribue pas d’un centime au budget de la coquetterie conjugale. Seulement au jour de l’an, à sa fête, à celle de madame, il fait innocemment cadeau à celle-ci de quelques robes, de plusieurs cachemires et de beaucoup de bijoux, probablement afin d’avoir le droit de répéter à tout venant :
— Je n’y comprends rien, ma femme est mise comme
une duchesse, et depuis que nous sommes mariés elle ne m’a pas demandé une obole pour sa toilette.