LES SEPT CHATEAUX DE S. M. L’ARGENT
Patience, cependant, allons jusqu’au bout ; il nous reste un septième château à visiter.
Celui-là est le plus modeste, mais celui-là est le plus grand. Bâti de quatre mauvaises planches, c’est le château de la Charité, l’humble tronc pour les pauvres, où l’Argent fait quarantaine et se purifie de ses souillures.
Là logent avec lui l’Espérance des mères, le Rire des petits enfants, la Résignation, la Miséricorde, le Pardon.
Tout à l’heure, à Plessis-lès-Tours, l’Argent s’appelait Louis XI ; ici, il se nommera Louis XII. Ce n’est plus un roi, c’est un père. Quand il sort, il va rendre visite aux faibles, aux souffrants ; il va, heurtant au seuil de la mansarde, réchauffer, ranimer, consoler... Sinite parvulos venire ad me.
Ah ! croyez-moi, Sire, habitez ce château le plus souvent et le plus longtemps que vous pourrez. La sensibilité, je le sais, n’est pas précisément votre fait, et vous n’accordez d’ordinaire votré intérêt qu’à cinq pour cent.
Mais il en reste encore, Dieu merci, qui vous conseilleront autrement. Ceux-là, écoutez-les comme de véritables amis, quand ils vous parleront du bieii que vous pouvez, que vous devez faire.
Vos péchés sont bien gros, Sire ; il ne vous sera beaucoup pardonné que si vous avez un peu aimé!