CHAPITRE DEUXIÈME
La baladine.
Le jeune Français s'efforça vainement de conserver à sa physionomie son expression habituelle de complète insouciance.
La joie se peignit sur ses traits et l'éclair Ju triomphe brilla dans son regard.
Mais s'il ne put commander à son visage, il sut du moins rester maître de sa démarche. — Il quitta lentement sa place et il se dirigea, en affectant une allure insouciante, vers le comptoir étroit et haut perché sur lequel le croupier déposait des piles égales de larges pièces d'or pour le payement du quine envoyé par le hasard au vainqueur de la lotéria.
Par suite de circonstances que nous
ne tarderons point à expliquer, le Français parlait l'espagnol, sinon tout à l'ait comme un Castillan, au moins d'une façon plus que suffisante pour comprendre et pour être compris.
Le croupier, — qui était en même temps l'un des propriétaires de la maison de jeu, — l'accueillit avec ce sourire que les croupiers de tous les temps et de tous les pays savent stéréotyper sur leurs lèvres quand ils s'adressent à quelque joueur favorisé par une heureuse veine.