‹ Les maris a systeme comedie en trois actesChapitre 26 sur 80 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ME QUI LLET.

En qualité de veuf, vous avez la parole, maître Crochart.

CROCHART.

Après avoir écouté attentivement le commandant Graffmann, je me demande quel besoin on a d’employer la violence dans son ménage lorsqu’on a le droit pour soi.

Le droit! le droit! qu’esl-ce que cela me fait, le droit? On n’intimide pas les femmes avec le droit.

CROCHART.

Pardon, mon cher monsieur; on n’a qu’à leur rafraîchir de temps en temps la mémoire avec les articles 337 et 338 du Code pénal.

GRAFFMANN.

Que chantent-ils vos articles?

CROCHART, avec volubilité et d’nno voix aigre.

« Art. 337 : La femme reconnue coupable subira la peine de l’emprisonnement pendant trois mois au moins et deux ans au plus... Art. 338 : Le complice de la femme sera puni de l’emprisonnement pendant le môme espace de temps et, en outre, d’une amende de cent francs à deux mille francs. »

GRAFFMANN, criant.

Assez! assez! que diable! assez! Ce n’est pas une voix que vous avez, c’est une crécelle. (Il s’assied au milieu près de Méquillet et des autres maris.)

LAMBERT, bas, Si Méquillet.

11 assure cependant avoir été heureux en ménage.

MÉQUILLET, même jeu.

Lui? Sa femme s’est enfuie, il y a six mois, du domicile conjugal... Il se fait passer pour veuf afin de ne point passer pour autre chose.

TOUS LES MARIS, h Crochart.

Imprudent! maladroit! déplorable!

CROCHART.

Permettez!...

CARCl LLIKR-

Déplorable, vous dis-je!

MÉQUILLET, tirant CardUier par la manche.

Voyons donc votre système, mon cher Garcillier.

GR AFFMANN.

Oui, au fait, le sien.

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