ACTE PREMIER
CARCILLIER.
Eh bien, et toi? Je serais curieux de connaître ta théorie.
DE FAUVIGNY.
J’espère bien ne pas être en cause.
CARCILLIER.
Pourquoi cela? Méquillet, dites— lui donc son fait.
TOUS
Oui, oui, voyons.
Mais.i.
GRAFFMANN.
Silence !
MÉQUILLET.
M. de Fauvigny est parti de ce principe, qu’il était maladroit d’allumer, au début du mariage, de ces grands feux de paille qui s’éteignent au bout de quelque temps et dont on garde toute la vio le dangereux souvenir.
DE FAUVIGNY.
Mais je vous jure...
GRAFFMANN.
Silence!
MÉQUILLET.
Alors, à force de volonté et de soins, il a vaincu sa nature première, il a dépouillé le vieil homme et il essaye de maintenir le cœur de sa femme dans un état de douce tiédeur et de virginale ignorance qui lui offre, croit-il, de grandes garanties pour l’avenir.
GRAFFMANN.
Imprudent ! maladroit 1 déplorable 1 ; '
MÉQUILLET, so retournant vers Lambert.
Eh bien ?
LAMBERT
Soit î mais que prouve tout cela ?
GRAFFMANX, se levant, ainsi qno tons les maris.
Oui, au fait, que voulez-vous prouver?
MÉQUILLET.
Vous tenez à le savoir?
TOUS
Oui, oui !
MÉQUILLET.
Eh bien, je veux prouver...
TOUS
Quoi?
MÉQUILLET.
Que, grâce à vos façons de vous conduire, vous avez été... vous êtes ou vous serez...
TOUS
Demandez à ces dames! (il montre mesdames de Fanvigny, Carcillier •t Graffmann, qui entrent par le fond.) Ou si VOUS le préférez, interrogez Lambert.
LAMBERT, furieux.
Moi?... pourquoi cela? (Aux maris qui l’entourent.) Je ne sais pas ce qu’il veut dire. (Bas, à Mêquillet.) Vous me payerez cela, vous I (so retournant vers les maris, qui le pressent.) Messieurs, je vous assure que j’ignore absolument... (ils causent vivement et forment un groupe à droite.)