‹ Les maris a systeme comedie en trois actesChapitre 3 sur 80 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DE FAUVIGNY, étendu sur le canapé de gauche; MADAME GRAFFMANN et G-RAFFMANN, jouant aux dames ; CAR- CILLIER et LAMBERT, debout près de la table an milieu et causant avec MESDAMES DE FAUVIGNY et CARCIL- LIER ; PAULINE, travaillant près de la petite table à ouvrage; CR O CH ART, au foud dans la galerie, lisant.

GRAFFMANN, accent alsacien tris-prononcé, frappant sur le damier.

Je vous dis que je vais à dame.

MADAME GRAFFMANN, accent provençal.

Allez-y, mon boni qui vous en empêche?

GRAFFMANN.

Vous dites que je n’y vais pas?

MADAME GRAFFMANN.

Puisque vous y allez, mon chéri.

GRAFFMANN.

Pourquoi me contredire, alors? Je déteste la contrariété, moi.

MADAME GRAFFMANN.

J’avais mal vu, probablement.

GRAFFMANN.

Non, vous n’aviez pas mal vu; mais il vous plaît en ce moment de me faire une concession... Je n’en veux pas, entendez-vous... Je suis de force à lutter avec vous.

MADAME GRAFFMANN.

Yous êtes de force à me battre.

GRAFFMANN.

Ah! vous faites allusion à la petite scène de l’autre jour, à l’occasion de maître Crocbart. Je me suis un peu emporté, je l’avoue.

Oh! un peu...

GRAFFMANN.

Certainement, un peu! Si je m’emporte jamais beaucoup, vous pourrez faire la comparaison.

MADAME GRAFFMANN.

Je n’y tiens pas. Jouez-vous, mon bon?

GRAFFMANN.

Je jouerai, si cela me fait plaisir, la dame que j’ai, vous entendez bien.

MADAMïT GRAFFMANN.

La dame que vous avez, j’entends bien, mon amour.

Page 1