‹ Les maris a systeme comedie en trois actesChapitre 4 sur 80 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GRAFFMANN.

A la bonne heure, (a part.) Comme elle est dressée ! (il agite son cornet et jette les dés.)

DE F A U V I G N Y, quittant le canapé et passant à la table du milieu.

C’est insupportable! ces gens-là font un bruit.... On ne peut pas dormir un instant ici.

MADAME DE FAUVIGNY, interpellant son mari.

Vous n’avez donc pas assez dormi la nuit passée?

DE FAUVIGNY.

On ne dort jamais assez.

MADAME DE FAUVIGNY.

Cependant douze heures sur vingt-quatre, c’est gentil.

DE FAUVIGNY.

Je n’en suis pas moins très-fatigué. Je vais prendre un bain, cela me remettra.

CARC1LLIER.

On ne so baigne pas encore, la mer n’est pas haute.

MADAME DE FAUVIGNY, se levant.

Rassurez-vous, mon cousin, c’est un bain d’eau douce que va prendre mon mari... Un bain d’eau douce avec beaucoup de son... plusieurs litres de son.

CARCILLIER, bas, b de Faurigny an premier plan b droite.

Mais je ne te reconnais pas. Tu le laisses railler par ta femme, avec une impassibilité... Tu t’éteins, mon ami, tu t’éteins! toi que j’ai connu si fringant autrefois, tu es d’un terne... au moral et au physique... Pourquoi, diable! t’es-tu marié, je te prie?

DE FAUVIGNY.

La vie de garçon est trop fatigante... J'ai voulu me reposer.

CARCILLIER.

Te reposer, malheureux! tu parles de te reposer! mais tu ne sais donc pas que le mariage est une lutte, un combat continuel ; qu’on ne saurait trop s’armer de toutes pièces? Regarde, moi : j’ai senti

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