ACTE DEUXIÈME
LAMBERT
Il ne l’est pas assez.
MÉQUILLET.
Mais si.
LAMBERT
Mais non.
MÉQUILLET.
Dites donc, est-ce sérieusement que vous parlez?
LAMBERT
Trcs-sérieuse men t .
MÉQUILLET.
Vous vous fâchez pour tout- de bon?
LAMBERT
Pour tout de bon... Je suis las à la fin d’être en butte à vos investigations continuelles, à vos remarques déplacées, à vos plaisanteries de mauvais goût...
MÉQUILLET.
Ali! mais, ahl mais... permettez! du moment que vous parlez sérieusement, il ne faudrait pas dépasser certaines bornes.
LAMBERT
Je les dépasserai... 11 est temps que tout cela finisse et que mes paroles, au moins, vous infligent le châtiment que vous méritez.
' MÉQUILLET.
Cornes et bosses!... un châtiment, un châtiment à moi!
LAMBERT
Sans doute; croyez-vous donc avoir droit à l’impunité... et pouvoir vous réfugier éternellement derrière vos infirmités?
MÉQUILLET.
Mes infirmités! ah! prenez garde!... je veux bien en parler, mais je no veux pas qu’on m’en parle.
LAMBERT
J’en parlerai cependant.
Ah! mais non, \ous n’en parlerez pas, ah ! mais non, je vous le défends.
LAMBERT, riant.
Vous me le défendez?
MÉQUILLET.
Mais certainement, je vous le défends... Ah! mais... ah ! mais... si vous recommenciez...
LAMBERT
Que feriez- vous?
MÉQUILLET.
Ce que je ferais... Eh! sapristi! donc je vous demanderais raison.
LAMBERT
Vous battre, vous?... (il rit aui éclats.)
MÉQUILLET, furieux, marchant h lui.
De quoi riez-vous?
LAMBERT
De votre idée! (il rit.) Vouloir vous battre, vous?
MÉQUILLET.
Pourquoi pas ?
LAMBERT
Mais parce que... (il rit.) Parce que... (il rit.) Enfin, parce que vous comprenez bien. . cela ne se peut pas... vous, une épée à la mainl
Qu’y a-t-il là d’étonnant? Ah! vous croyiez que je ne saurais pas la tenir... Détrompez-vous; j'ai longtemps fait des armes! On m’avait dit que cela me redresserait, que cela me rendrait bel homme, et je n’ai pas négligé une pareille occasion... On s’était trompé, je suis resté ce que j’étais; mais je suis devenu adroit,