‹ Les maris de Léontine; comédie en trois actesChapitre 47 sur 52 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ADOLPHE, LE BARON, puis BOUCAT

le baron. — Mon cher Vincent, je vous ai dit tout à l'heure que je vous chercherais une femme. Eh bien, je l'ai cherchée!

ADOLPHE. — Ah !

LE<wnw>N. — Et je l'ai trouv s.

ADOLPHE. Ah !

i.k uakiin". — Une femme jeune, veuve, jolie, bon caractère, excellente famille et... soixante mille francs de rente.

Adolphe. — Vous plaisantez.

lb baron. — Ma cousine, enfin.

adolphe. — Mme Silvain!...

lb-babqn. — Parfaitement... Je vous offre sa main et ce que vous avez de mieux à faire, c'est de l'accepter.

adolphe. — Je suis ahuri... Absolument ahuri. S'il y a une chose à laquelle je ne m'attendais pas?

lb baron, lui frappant sur V épaule. — Ce cher Vincent!... Vous lui plaisez beaucoup.

adolphe. — C'est impossible... Je ne peux pas croire...

te--b*4U>.\. Mais- si... Vous lui avez

sauvé la vie. Avec les femmes, il n'en faut souvent pas davantage.

adolphe, lui prenant la main. — Ecoutez, mon cher baron, je suis ému... Je suis même trop ému pour vous répondre...

le «AB.O.N. — Hortense ne vous plaît pas?

ADOLPHE. — Oh!

TitmBÉiiiîT'T — Aur.ez-vous par hasard une de ces liaisons?...

adolphe. — Jamais!

lb-baron. — Vous n'êtes pas marié non plus?

adolphe. — Quelle horreur !

le baron. — Alors, pas la peine de réfléchir.

adolphe, à part. — C'est trop compliqué... Jamais je ne me tirerai de là tout seul. (Haut.) Avez-vous déjà parlé de ce projet à Mmt la baronne?

— Oui. Elle est enchantée.

adolphe, à part. — Elle en est bien capable.

DBstJiAHON. — Et, de mon côté, je suis ravi. Nous étions faits pour nous rencontrer.

adolphe. — Je commence à le croire...

Entre Boucat avec une carte.

boucat. — Une visite pour monsieur le baron.

le-bahon, regardant la, rai te. — Tiens! Plantin... Notre député.

adolphe, stupéfait. — Plantin ! Vous connaissez Plantin?

Hj Vit' — T — Je crois bien ! c'est un ami !

adolphe, à part. — Et lui qui ne sait

rien!

Sort Boucat.

le baron, va du côté où doit entrer Plantin. A la cantonade. — Arrivez, mon cher Plantin.

t.e baron. — Je ne voir- -ù pas avisé 'le notre mariage, mon cher Plantin. Il a eu lieu dans la plus stricte intimité.

plantin. — J'ai su cela.

i^sOBBON, allant à la cantomade. — Boucat, priez madame de vouloir bien venir jusqu'ici.

adolphe, à Plantin, à part. — Au nom du ciel, ne manifeste aucun étonnement.

plantin, à part. — Pourquoi veux-tu que je sois étonné ?

adolphe. — Ne ris pas, et quand tu me parleras, ne m'appelle pas Adolphe, appellemoi Vincent.

plantin. — Hein ?

adolphe. — Vincent! oui, Vincent... Appelle-moi Vincent ! et ne sois étonné de rien, je t'en supplie.

pl/»ntin. — Que le diable!...

adolphe. — Tais-toi!

Entre Léontine.

Page 1