SCÈNE VI
ADOLPHE, LE BARON, puis BOUCAT
le baron. — Mon cher Vincent, je vous ai dit tout à l'heure que je vous chercherais une femme. Eh bien, je l'ai cherchée!
ADOLPHE. — Ah !
LE<wnw>N. — Et je l'ai trouv s.
ADOLPHE. Ah !
i.k uakiin". — Une femme jeune, veuve, jolie, bon caractère, excellente famille et... soixante mille francs de rente.
Adolphe. — Vous plaisantez.
lb baron. — Ma cousine, enfin.
adolphe. — Mme Silvain!...
lb-babqn. — Parfaitement... Je vous offre sa main et ce que vous avez de mieux à faire, c'est de l'accepter.
adolphe. — Je suis ahuri... Absolument ahuri. S'il y a une chose à laquelle je ne m'attendais pas?
lb baron, lui frappant sur V épaule. — Ce cher Vincent!... Vous lui plaisez beaucoup.
adolphe. — C'est impossible... Je ne peux pas croire...
te--b*4U>.\. Mais- si... Vous lui avez
sauvé la vie. Avec les femmes, il n'en faut souvent pas davantage.
adolphe, lui prenant la main. — Ecoutez, mon cher baron, je suis ému... Je suis même trop ému pour vous répondre...
le «AB.O.N. — Hortense ne vous plaît pas?
ADOLPHE. — Oh!
TitmBÉiiiîT'T — Aur.ez-vous par hasard une de ces liaisons?...
adolphe. — Jamais!
lb-baron. — Vous n'êtes pas marié non plus?
adolphe. — Quelle horreur !
le baron. — Alors, pas la peine de réfléchir.
adolphe, à part. — C'est trop compliqué... Jamais je ne me tirerai de là tout seul. (Haut.) Avez-vous déjà parlé de ce projet à Mmt la baronne?
— Oui. Elle est enchantée.
adolphe, à part. — Elle en est bien capable.
DBstJiAHON. — Et, de mon côté, je suis ravi. Nous étions faits pour nous rencontrer.
adolphe. — Je commence à le croire...
Entre Boucat avec une carte.
boucat. — Une visite pour monsieur le baron.
le-bahon, regardant la, rai te. — Tiens! Plantin... Notre député.
adolphe, stupéfait. — Plantin ! Vous connaissez Plantin?
Hj Vit' — T — Je crois bien ! c'est un ami !
adolphe, à part. — Et lui qui ne sait
rien!
Sort Boucat.
le baron, va du côté où doit entrer Plantin. A la cantonade. — Arrivez, mon cher Plantin.
t.e baron. — Je ne voir- -ù pas avisé 'le notre mariage, mon cher Plantin. Il a eu lieu dans la plus stricte intimité.
plantin. — J'ai su cela.
i^sOBBON, allant à la cantomade. — Boucat, priez madame de vouloir bien venir jusqu'ici.
adolphe, à Plantin, à part. — Au nom du ciel, ne manifeste aucun étonnement.
plantin, à part. — Pourquoi veux-tu que je sois étonné ?
adolphe. — Ne ris pas, et quand tu me parleras, ne m'appelle pas Adolphe, appellemoi Vincent.
plantin. — Hein ?
adolphe. — Vincent! oui, Vincent... Appelle-moi Vincent ! et ne sois étonné de rien, je t'en supplie.
pl/»ntin. — Que le diable!...
adolphe. — Tais-toi!
Entre Léontine.