ADOLPHE, LE BARON, PLANTIN
plantin, serrant la main du baron. — Cette santé, baron? Superbe, il me semble... (Apercevant Adolphe.) Ah! par exemple, c'est toi.
adolphe. — Mon Dieu... oui... Mon Dieu, oui.
plantin. — Si je m'attendais.
le baron. — Comment, vous vous connaissez donc?
plantin. — Si je le connais! En arrivant ce matin à Châtellerault, j'ai passé chez toi, tu n'y étais pas.
adolphe. — Naturellement.
plantin, au baron. — Voilà plusieurs mois que je veux veus faire une visite, mon cher baron. Mais j'ai été retenu à Paris. Nous avons eu à la Chambre une session très mouvementée. Impossible de m'échapper.
le baron. — J'ai suivi de loin vos succès, mon cher Plantin.
plantin, se tournant vers le baron. — Trop aimable.
LBjoaflON. — Vous déjeunez avec nous?
plantin. — De grand cœur.
adolphe, à part. — Oh! là là!
plantin. — Sans compter que je vais avoir l'honneur, j'espère, d'être présenté à Mme la baronne.
adolphe, à part. — Allons bon !
plantin. — On la dit exquise...
Les Mêmes, LEONTINE
Plantin, apercevant Léontine, fait un mouvement immédiatement réprimé par un regard d'Adolphe.
le baron. — Ma chère amie, je te présente notre député Plantin.
plantin, stupéfait. — Ah!
léontine, tendant la main à Plantin. après avoir réprimé un mouvement de surprise. — Je suis heureuse, monsieur, de faire votre connaissance.
plantin. — Madame...
léontine. — Vous nous restez à déjeuner?
le- baron. — Parbleu !
léontine, à Plantin. — Vous arrivez de Paris, monsieur Plantin?
plantin. — Directement, madame, (.lu baron.) J'oubliais de vous demander des nouvelles de votre famille, mon cher baron?
le «aron. — Mais tout le monde va à merveille, je vous remercie.
plantin. — Mme Silvain?
lb b**on. — Vous allez déjeuner avec elle.
plantin. — Mmc la marquise?
LE<B*ReN. — La santé est excellente.
léontine, au baron, montrant Adolphe et Plantin. — Est-ce que ces messieurs se connaissent, mon ami ?
plantin. — Si je connais Vincent?
adolphe. — Ça, oui! (A Plantin qui
P de gaffe, au nom du ciel.
PLANTIN, ilphe. — Sois tranquille.
// ,' i El quoi de neuf à Chàtellerault?
ADOLPHE — Tais-toi î Ne dis plus un mot !
>n. ■ — Rien de particulier.
PLANTiN. — Voyez-vous quelquefois notre distingué professeur d'agriculture, Anatole Grima rd ?
i.B-nâ»an, faisant un mouvement. — Grimard?...
adolphe, à part. — Ali! il ne manquait plus que ça!
Il essaie de faire des signes à Plantin.
plantin. — C'est un garçon du plus beau mérite, n'est-ce pas?
:aron, très rouge. — On le... On le dit.
planttn. — Nous allons le faire décorer du Mérite agricole.
adolphe, continuant à faire des gestes. — Cet être-là ne comprend rien.
plantin. — In homme de cette valeur devrait • lis. Nous le ferons nommer bientôt, j'espè
adolphe, passant près de Plantin. — Tai -• lus, ne dis plus un mot!
PLANTIN. — Ali !
Pendant cette réplique, Léontine s'est tranquil-
lement assise et écoute indifféremment. Un moment de silence. Tout le monde est gêné.
léontine, à Plantin. — Donnez-nous quelques détails sur la dernière séance de la Chambre.
plantin, sous le regard d'Adolphe. — ...Détails?
léontine. — Oui, a-t-elle été intéressante ?
PLANTIN. — Hum !
léontine. — Avez-vous pris la parole?
plantin. — Oui. (A part.) Je n'ose plus ouvrir la bouche.
léontine. — Alors, vous avez fait un discours? (Plantin baisse affirmativement la tête.) Qu'est-ce que vous avez dit?
plantin. — Rien.
léontine. — Vous' êtes trop modeste. (.4 part, au baron qui s'est approché d'elle.) Voyons, mon ami, ne faites pas une figure pareille.
le-sa«on, même jeu. — C'est le souvenir...
léontine, même jeu. — Oubliez-vous déjà vos promesses?
Lfl»i»ii»cu. même jeu. — Je vous demande pardon. Un moment de mauvaise humeur.
C'est passé.
léontine. — Messieurs, comme nous allons déjeuner bientôt, je vous demande la permission de m'occuper de vous!
Elle sort.
le baron. — Je vous laisse aussi, le tempe de changer de vêtement et je suis à vous.
Il sort.