‹ Les maris de Léontine; comédie en trois actesChapitre 51 sur 52 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LE BARON seul, puis ADOLPHE et LEONTINE

le baron, seul. — C'est fabuleux ! Je suis abruti...

Entrent Adolphe et Léontine.

léontine, arrivant du fond. — Edouard, on va se mettre à table.

adolphe. — Mon cher baron, je viens do visiter votre installation... C'est charmant!

léontine, regardant le baron. — Qu'est-ce que tu as ?

le baron, à Adolphe. — C'est bien à M. Adolphe Dubois, Adolphe et non Vincent, ancien employé au ministère de l'Instruction publique et des Cultes, que j'ai l'honneur de parler?

Adolphe. — Eh bien ! j'aime mieux ça.

l»-baron. — Avouez donc que vous êtes le premier mari de madame et que vous vous êtes tous les deux joués de moi.

léontine. — Mon coco, je vais t'expliquer.

Adolphe. — ■ Pardon, madame. C'est à moi de donner une explication à M. le baron de la Jambière.

léontine. — Mais non...

adolphe. — Je vous en prie.

léontine. — Je ne veux! pas... Oh! non, pas de disputes! Eh bien! oui, c'est mon premier mari. Et après? quel mal y a-t-il ?

adolphe. — Parfaitement. Quel mal v a-t-il ?

léontine, au baron. — Voyons, mon coco, sois calme... Tu vas voir comme c'est simple

adolphe. — C'est la simplicité même...

Ça arrive tous les jours.

léontine. — • Je ne savais pas du tout ce qu'Adolphe était devenu. Quand je l'ai retrouvé, j'ai été étonnée, je te prie de le croire.

adolphe. — Et moi donc!

léontine. — A quoi bon te le dire? A quoi bon t' inquiéter ? Je ne pouvais" pas prévoir

ce qui allait arriver. Je pensais qu'Adolphe et toi vous ne vous reverriez jamais. Alors, je ne t'ai rien dit. Voilà!

ADOLPHE. Voilà!

le '-baron. Léontine! Léontine I Je ne

pourrai donc jamais avoir confiance en vous!

léontine. — Maie» si, mon chéri, il faut avoir confiance !

adolphe. — Ayez confiance, monsieur le baron, tout est là.

bK-*a«ON, à Adolphe. — Ah! c'est vous qui êtes le premier mari Y

adolphe. — Mais oui.

LTT TJATFO?. . Alors, c'est vous qui battiez

cette malheureuse femme?

adolphe. — Moi !

lu-baron. — C'est vous qui rentriez gris tous les soirs ?

adolphe. — Moi!

LEONTINE. — Allons '

le*bw»on. — C'est vous que le tribunal, en prononçant le divorce, a justement flétri!

ADOLPHE. — Moi !

Le baron s'avance menaçant.

léontine. — Lui? Mais non, mon chéri, tu n'y es pas du tout. C'est le meilleur garçon de la terre.

lbwBimwn. — Je sais ce qub j'ai lu.

léontine. — Tu as lu ça dans le jugeaient. Mais les jugements, c'est toujours des blagues. Adolphe, me battre? Adolphe, rentrer gris tous les soirs? Mais il n'y a pas un mot de vrai, mon coco, pas un. C'est moi qui ai eu tous les torts, c'est moi qui lui ai fait toutes sortes de misères. Mais il voulait que le divorce fût prononcé en ma faveur, parce que c'est un bon garçon. (Allant à Adolphe eO lui sautant au cou.) Tu es gentil, va!

le bahon. — Léontine!

léontink, au baron. — Je vais pouvoir le tutoyer; maintenant, puisque nous M-rons cousins.

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mumim;. - Nous serons cousins, je le veux!... i.l i' baron.) Et toi, viens ici ! uaron. — Hein?

léontine. — Viens ici, plus près, et serrez-vous La main tous les deux, ça me fera plaisir.

\a. MMMij hésitant. — Oh!

i éontinb. — Edouard, je t'en supplie.

ADOLPHE, en baron. — A votre place, mon cher baron, je prendrais tout ça avec bonne humeur...

léontine. — Allons!

Elle prend la main d'Edouard et la met dans celle d'Adolphe.

le baron. — Au moins, cette fois-ci, Léontine. vous m'avez tout dit?

léontine. — Tout, je te le jure !

lr-maon. — Cherchez bien.

léontine. — Tout, absolument. J'ai beau chercher, je ne trouve plus rien. (Lui sautant au coït.) Tu es mon. coco!

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