‹ Les maris de Léontine; comédie en trois actesChapitre 50 sur 52 · LE BARON, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

LE BARON, LA MARQUISE

le baron, apercevant la marquise. — Qu'e.st-ce que je vais lui dire?... (Il va à la rencontre de l& marquise.) Ma chère tante.

la marquise. — Bonjour, mon neveu.

Liw&ufcQ.N. — Voilà une bonne surprise.

Il lui baise la main.

la marquise. — Je n'ai que quelques mots à vous dire, mon cher enfant. D'abord, et avant tout, où en êtes-vous de votre divorce?

LBiaawoN. — Il suit son cours.

la marquise, lui prenant la main. — En-

Cm. tous v.'il.i donc rentré dans la bonne vroie, mon i ufanl : Que ue puia-je en dire autant de m

mmmbw>. étonné. — Do nia ooucine Horteneef

i\ marquise. Cette p. tito me donne les

plue graves inquiétudes. Je crains qu'avec

son imagination romanesque, elle ne se soit

Bottemenl amourachée «le ce monsieur qui lui

.aurait, soi-disant, sauvé la vie.

i.y.-^mmmn. — Je connais l'histoire. C'est un beau trait.

i \ MARQUISE. — Ce sergent de ville n'a fait que son devoir.

1 1 imww. — Ce n'est pas un sergent de rille.

la marquise. — Qu'est-ce donc?

U| baron — C'est un commissaire de police... un magistrat.

la marquise. — N'importe...

lmmmn. — Enfin! Hortense est libre. .

Nous ne pouvons guère empêcher... si elle veut.

la marquise. — J'empêcherai bien, je vous le jure.

i.K baron. — Sans être un brillant mariâge, ce serait un mariage honorable.

la marquise. — Honorable! Vous avez dit honorable ?

La-aMMkK. — Il me semble...

la marquise. — Mais vous ne savez donc pas qui est ce monsieur?

lb a Altos. — Dubois!

i \ marquise. — J'ai demandé des renseignements sur lui à notre parent le substitut.

l* juron — Eh bien ?

la marquise. — C'est un homme divorcé.

lu baron. — Allons donc ! Vous êtes sûre ?

la marquise. — Tout à fait.

le baron, riant. — Divorcé! i n! que c'est drôle!

la marquise. — Vous trouvez ?

ic.a* bon. — Oui, c'est très drôle.

la marquise. — Vous êtes indulgent, mon neveu.

i«TON. — Voyez-vous, ma tante, ce que vous me dites 1k ne m'enlève rien de ma sympathie pour lui, au contraire.

la MARQUISE. Vraiment.

im— on. — Pour qu'un homme pareil se

décidé à divorcer, il a fallu que sa femme

ait cent mille fois tort. Il a dû tomber sur

une petite coquine. Si vous connaissiez ce

bon Vincent tomme moi, vous seriez de mon

la marqi [SB. — Quel Vincent?

l»^BW*j. — C'est son prénom, Vincent Dubois.

i MARQUISE. Pas Vincent. Adolphe.

i.i bimion. — Vous dites?

la marquise. — Je dis qu'il s'appelle Adolphe.

ii tiAMON — Adolphe!

i \ marquise. — Adolphe Dubois.

le baron. — Adolphe Dubois!

la marquise. — Mais oui...

le baron. - Divorcé?

la marquise. — Par jugement du Tribunal de la Seine.

le baron. — Du Tribunal de la Seine!... voyons, voyons! ce n'est pas possible... Je me trompe... Ce ne peut pas être ça... D'abord, ma tante, êtes-vous sûre de ne pas confondre?

la marquise, Usant. — Mais voici la note : (( M. Adolphe Dubois, commissaire de police de Châtellerault, ancien employé au ministère de l'Instruction publique et des Cultes. «

lk . baron, sursautant. — C'est bien ça. Ancien employé au ministère de l'Instruction publique.

la marquise. — Et des Cultes.

le baron, tombant sur une chaise. — C'est fantastique!

la marquise. — Qu'avez-vous donc?

le baron. — Il n'y a pas d'erreur. . Il n'y a pas d'erreur... C'est lui.

la marquise. — Vous vous intéressez don.T à ce monsieur ?

le baron. — C'est fantastique!

la marquise. — Ou à la personne qu'il a épousée ?

le baron. — C'est ma femme!

la marquise. — Encore !

le baron. — Ah ! décidément, ma tante, vous avez la spécialité de m'apprendre des histoires extraordinaires!

la marquise. — Vous aurais-je encore contrarié sans le vouloir, mon neveu?

lu baron, avec agitation et se promenant. — Non, au contraire... Ah! je m'explique maintenant!...

la marquise. — Que vous expliquez-vous?

le . baron. — Je comprends tout... la scène de l'autre jour!...

la marquise. — Quelle scène?

LB.MARON. — Son embarras, son attitude... et tout à l'heure ses hésitations.

la marquise. — Quelles hésitations?

LB4MKON. — Et un tas d'autres détails.

la marquise. — Quels détails?

i.k biïron. — Vous ne pouvez pas comprendre ! Vous ne pouvez pas comprendre parce que vous ne savez pas! Mais moi, qui sais tout... (Réfléchissant.) Au fait, non, je ne sais pas tout! Mais je vais savoir! Et ce

ioo

ne sera pas long! Laissez-moi, ma tante, je vous en prie, j'ai besoin d'être seul !

la marquise. — Soyez calme, mon neveu.

1,1, iiAiin-. — Je suis très calme, vous voyez, je suis très calme. Mais au nom du ciel, allez-vous-en !

la marquise. — Au revoir, mon neveu !

m*"«sb»n, la reconduisant. — Au revoir, ma tante, au revoir.

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