ACTE PREMIER
HENRI
C'est un ami à moi... tu te souviens bien, il est venu ici il y a huit jours.
ADÈLE
Oui, et puis après?
HENRI
Il m*a dit qu'il ne la trouvait pas extraordinaire... la beauté du diable : voilà son expression.
ADÈLE
Je me demande ce que peut te faire l'opinion des autres; elle te plaît, c'est l'essentiel.
HENRI
Certes... mais ce n'est pas désagréable de penser qu'elle plaît aux autres aussi! N'importe, pour trente-six mille raisons il y en a beaucoup qui la voudraient pour femme... (cn temps.) C'est toi, lorsquc tu étais un peu plus jeune, qui devais être jolie, hein?... mais c'est pas tout ça... donnemoi cinq cents francs ou plutôt prête-les-moi, je te les rendrai après la noce.
Tout à l'heure... tu n'es pas pressé à dix minutes près, n'est-ce pas?
HENRI
Oh! non.
ADÈLE, levée.
Et maintenant, va causer un peu avec ton père... C'est un brave homme ton père et si tu savais le prendre.,. Allons, va... et sois un peu sérieux.
HENRI
Ah ! là, là, si tu n'étais pas ma mère, ce que je te dirais
des choses désagréables!... Mais, voilà, tu es ma mère... (En l'embrassant.) N'ost-ce pas que tu cs ma mère, dis?
ADELE.
Oui, oui... et c'est ainsi que tu détournes toujours les conversations qui t'ennuient... File maintenant.
H EN AI, passant.
J'y vais... En même temps, je ferai un petit bout de toilette... (Fau^s6 sorUe.) Ah! tu mo préviendras quand Suzanne sera là... (Fausse sortie.) Dis donc, commeut trouves-tu ce pantalon, chic?
ADÈLE
Oui, crampon!
Oh! crampon!... C'est la grand'mère qui est crampon! Vient-elle déjeuner?
ADÈLE
Je n'en sais rien... Ah çà! vas-tu t'en aller!
HENRI
Je suis parti, (u tort, puis rouyrant u porte.) Maman?
ADÈLE
Encore! Qu'est-ce qu'il y a?
HENRI, en loi envoyant un baiser.
Tiens, voilà pour toi.
ADÈLE
Que tu es béte!
Henri sort.