ACTE PREMIER
HENRI
Comme lu vois.
GASTON
Suzanne ?
HENRI
Avec sa grand'mère, chez maman.
GASTON
Bien. (Henri Ta pour sortir par le fond.) Non, FCSte Un momcnl
là, j'ai quelque chose à te dire.
HENRI, revenant.
Voilà.
Un Bilence.
GASTON, assis.
Alors, lu tiens absolument à ce mariage-là ?
Comment, si j'y tiens ? Qu'est-ce qui le prend tout d'un coup?
GASTON
Tu as demandé la main de Suzanne, on te Ta accordée ; tu dois te marier dans quinze jours, c'est parfait... Eh bien ! il n'est jamais trop tard pour bien faire... Laisse passer la journée, demain présente-toi chez cette enfant et — après avoir trouvé un prétexte quelconque — dis-lui qu'elle te rende ta parole...
HENRI
Tu voudrais que...
GASTON
Oui. Elle pleurera, j'en suis persuadé... mais elle est jeune et le temps séchera ses larmes... et ainsi, une fois dans ta vie, tu auras agi proprement.
HENRI
Voilà ce que tu me dis, lorsqu'il y a un mois à peine tu trouvais...
GASTON
Je trouvais... je trouvais... il y a un mois, j'avais la tête autre part... les affaires ne marchaient pas... j'avais d'autres chiens à fouetter... Aujourd'hui, Dieu merci, tout va bien, j'ai donc pu réfléchir... Ce mariage est insensé !
HENRI
Insensé ! pourquoi ça ?
Ah ! ne me force pas à te répondre des choses désagréables.
HENRI
Mais je Faime, moi, je l'aime.
GASTON
Oui, tu l'aimes, parfaitement, j'en suis certain... (umempt.) En tout cas, je ne vois point pour quelle raison tu t'emballes... Sa dot n'est pas si extraordinaire que cela, après tout.
HENRI
Fichtre... tu es difficile ! cinq cent mille francs !
GASTON
Imbécile !
HENRI
Imbécile ?
GASTON
Naturellement... Tu l'as cru... ta mère l'a cru... je l'ai cru... nous l'avons tous cru î...