‹ Les maris de leurs filles: comédie en trois actesChapitre 21 sur 64 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HENRI

Comme lu vois.

GASTON

Suzanne ?

HENRI

Avec sa grand'mère, chez maman.

GASTON

Bien. (Henri Ta pour sortir par le fond.) Non, FCSte Un momcnl

là, j'ai quelque chose à te dire.

HENRI, revenant.

Voilà.

Un Bilence.

GASTON, assis.

Alors, lu tiens absolument à ce mariage-là ?

Comment, si j'y tiens ? Qu'est-ce qui le prend tout d'un coup?

GASTON

Tu as demandé la main de Suzanne, on te Ta accordée ; tu dois te marier dans quinze jours, c'est parfait... Eh bien ! il n'est jamais trop tard pour bien faire... Laisse passer la journée, demain présente-toi chez cette enfant et — après avoir trouvé un prétexte quelconque — dis-lui qu'elle te rende ta parole...

HENRI

Tu voudrais que...

GASTON

Oui. Elle pleurera, j'en suis persuadé... mais elle est jeune et le temps séchera ses larmes... et ainsi, une fois dans ta vie, tu auras agi proprement.

HENRI

Voilà ce que tu me dis, lorsqu'il y a un mois à peine tu trouvais...

GASTON

Je trouvais... je trouvais... il y a un mois, j'avais la tête autre part... les affaires ne marchaient pas... j'avais d'autres chiens à fouetter... Aujourd'hui, Dieu merci, tout va bien, j'ai donc pu réfléchir... Ce mariage est insensé !

HENRI

Insensé ! pourquoi ça ?

Ah ! ne me force pas à te répondre des choses désagréables.

HENRI

Mais je Faime, moi, je l'aime.

GASTON

Oui, tu l'aimes, parfaitement, j'en suis certain... (umempt.) En tout cas, je ne vois point pour quelle raison tu t'emballes... Sa dot n'est pas si extraordinaire que cela, après tout.

HENRI

Fichtre... tu es difficile ! cinq cent mille francs !

GASTON

Imbécile !

HENRI

Imbécile ?

GASTON

Naturellement... Tu l'as cru... ta mère l'a cru... je l'ai cru... nous l'avons tous cru î...

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