SCÈNE PREMIÈRE ADÈLE, GASTON
ADÈLE
C'est toi?
GASTON, en s* asseyant à droite et en dépliant son journal.
Oui (on temps.) pourquol?
ADÈLE
Pour rien, (silence.) Oh! écoute, mon ami, si tu voyais la tête que tu fais depuis quelques jours, tu serais étonné, je t'assure.
GASTON, très froid.
Ah!... tu crois?
ADÈLE
Je ne crois pas, j'en suis certaine, (siie se lére, dépoM» m upa-
série et s'approche de lai.) AIIOUS, VOyOUS, qu'OSt-Ce qui UO Va paS?
GASTON, de même.
Tout va bien.
ADÈLE
Sont-ce les affaires? le charbon ne se vend-il pas comme tu le désires, est-ce cela?
GASTON, de même.
Il gèle à pierre fendre depuis quinze jours, il a augmenté je gagne beaucoup.
ADÈLE
Alors veux-tu que je te dise?
GASTON, de même.
Je veux bien.
ADÈLE
Tu dois sans doute avoir une maladie d'estomac.
GASTON
Parce que?
ADÈLE
Parce que tu es triste comme un bonnet de nuit.
GASTON
Ah ! lorsqu'on est triste, c'est qu'on a une maladie d'estomac?... je ne savais pas.
ADÈLE
On dit que ça donne des idées noires.