SCÈNE IX HENRI, SUZANNE
SUZANNE entre par la p3ite ù deux battants.
Et me voilà !
ANNA, entre par le fund, dépose la soupière sur la servante.
Madame est servie.
Elle sert le potage et sort.
HENRI
Qu'est-ce que c'est que cette robe-là ?
Une nouvelle robe, Henri... La trouves-tu jolie?
HENRI
Combien de toilettes te jEsiut-il donc?
SUZANNE
Mais je n'ai plus rien à me mettre sur le dos.
HENRI
Oh! je sais bien!... les femmes se ressemblent toutes! Elles auraient trente-six jupes et cinquante corsages dans
leurs armoires, elles diraient encore : je n*ai rien à me mettre sur le dos. Enfin !... (cn temps.) Et tu paies ça?
SUZANNE
Pas cher, va I Devine ?
HENRI
Je ne veux pas deviner. Combien ?
SUZANNE
Trois cent cinquante francs.
HENRI
Naturellement... trois cent cinquante francs pour toi, c'est dix sous 1... Ah ! permets-moi de te dire que tu as la bourse facile!... Mais où veux-tu que je le prenne Targent, moi, nom d'une pipe!... Où veux-tu que je le prenne?... C'est extraordinaire, ma parole d'honneur !
SUZANNE
Je ne dépense pas beaucoup, voyons, sois juste.
flENRI.
Pas possible I... Oh ! puis, je suis bien bon de discuter avec toi !... Tu as raison... c'est moi qui ai tort... là, es-tu contente ?
SUZANNE
Mais je ne dis pas ceia.
HENRI
Mangeons, va... ça veut mieux que d'ergoter pendant trois
heures... (lIs s'aueyent À tablé. Un silence.) Elle est gelée COttC
soupe, ni plus ni moins ! Elle est folle, Anna, de nous apporter ça !
SUZANNE
C'est qu'il y a déjà un moment qu'elle est là, sur la table.