‹ Les maris de leurs filles: comédie en trois actesChapitre 44 sur 64 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

HENRI

Parfaitement... J'ai dit une bêtise!... Mais si!... tu as raison... toujours raison... Ah ! sacrédié î si un jour ou l'autre j'ai une maladie de nerfs, ce ne sera pas de ma

faute... (n sonne. Anna entre arec le poulet.) AllonS, bon! (u eelëve.)

Le poulet maintenant ! Qui vous a demandé le poulet?

Monsieur a sonné... alors je croyais qu'on avait fini le potage.

HENRI

Vous croyez, vous croyez... Vous passez votre temps à croire, vous !... Remportez la soupe, remportez le poulet, faites tout chauffer... Faut-il vous l'écrire?... Quel service, mon Dieu ! quel service !...

ANNA| sortant.

Quelle baraque !

SUZANNE, en se leyant*

Écoute, mon ami, tu brutalises cette fille... ce n'est pas elle, après tout, qui est cause de ta mauvaise humeur.

HENRI

Alors, tu t'amuses d soutenir les domestiques!... oh! mais halte-là!

SUZANNE, s'animant.

Ce n'est pas la peine de faire « halte-là! », ni de vouloir m'imposer silence!... cela devient révoltant à la fin...

HENRI

Qu'est-ce que tu dis?

SUZANNE

Je dis que ça devient révoltant ! Si tu as perdu au cercle et si tu crois que chaque fois que ça t'arrivera, tu te vengeras

sur moi, tu te trompes... Oh! ce n'est point nécessaire non plus de faire ces yeux-là, ni de froncer le sourcil, tu ne m*intimides pas, je commence par te le dire. Tu as l'aplomb de critiquer ma conduite, tu me reproches continuellement le peu d'argent que je dépense; eh bien, j'en ai assez, moi aussi. En somme, il me semble que tu vas bon train, toi, et si je me paie une fantaisie, il n'y a rien d'exagéré... à côté de ce que tu laisses au jeu.

HENRI

D'abord je ne joue plus... et puis, s'il me plaît de jouer, ça me regarde.

SUZANNE

Tu ne joues plus?... ce n'est pas ce que m'a raconté ton père, en attendant.

HENRI

Mon père? Que vient faire mon père là-dedans, je te prie?

SUZANNE

Sois sans crainte, je suis au courant de ce que tu fais... et je te préviens que si tu continues à ne pas aller au bureau, il te mettra à la porte de chez lui... Oh! tu as beau faire de grands gestes... je parlerai tout de même. Voilà une heure tjue tu m'agonises de sottises, vraiment je serais bien sotte de ne pas te répondre et de...

HENRI, Tivement.

Eh! bien, moi, je te réponds qu'à partir de ce jour, tu n'auras plus la satisfaction de me voir souvent ici, je te le garantis.

SUZANNE

Oh! je sais bien... cette querelle tombe à pic!... tu vas en profiter et ainsi tu pourras continuer tranquillement à manger le peu d'argent qu'il nous reste, n'est-ce pas?

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