H EN RU
Suzanne... Ah! tiens, tais-toi!... tais-toi!... je ne sais pas ce que je te ferais.
II lève la main* j
SUZANNE, très calme.
C'est cela, va donc... tu manges mon argent, ma dot, et tu voudrais me frapper pardessus le marché.
HENRI
Ton argent? Sais-tu bien que tu commences à m'assommer en me lançant continuellement ton argent à la tête... ta dot! Je m'en fiche de ton argent, je m'en fiche de ta dot!...
SUZANNE, de même.
Pourquoi m'as-tu épousée alors? Ce n'est point la femme qui te plaisait pendant nos fiançailles, je suppose?... La preuve est là.
HENRI
La preuve? Je trouve que tu t'avances beaucoup, ma chère... et tu devrais t'estimer encore très heureuse, tu m'entends, que je t'aie donné mon nom.
SUZANNE
Parce que?
HENRI
Parce que? ah! ah! c'est toi qui oses me demander ça! Allons, allons, rafraîchis ta mémoire... tu es la fille de madame Berny... autrement dit : Mika... Paulette Mika... Ça suffit... tu devines le reste, je n'ai plus rien à ajouter.
SUZANNE, élranglont.
Ah!... ah!... tiens.. ..on peut vous dire des choses... on peut... Ah! non, je te croyais capable de tout... de ne pas m'aimer... de ne pas... mais ça... me reprocher ma mère... ma mère! Ça non... non... je ne l'aurais pas cru... je te le jure, je ne l'aurais jamais cru.
* Elle éclate en sanglots. Un silence.