ACTE TROISIÈME
AUGUSTE
Bien, monsieur.
GASTON
Et n'entrez point dans d'autres détails, répétez-lui textuellement ce que je viens de vous dire... (Rappelant Auguste qui
remonte vers le fond.) Ah! AugUSte...
AUGUSTE, redescendant.
Monsieur.
GASTON, sortant une lettre de sa poche.
Après le déjeuner, vous irez jusqu'au bureau et vous remettrez cette lettre à mon chef de chantier, n'oubliez pas.
Auguste sort. Un silence. Gaston prend son journal. Adèle entre par la gauche.
ADÈLE
C'est après Auguste que tu cries ainsi?
GASTON
Du tout.
ADÈLE
On t'entend du bout de la maison. Que se passe-t-il donc?
GASTON
Oh I rien, presque rien.
ADÈLE, passant*
Cependant, tu es tout rouge... tu t'es mis en colère, voyons! et après qui?
GASTON
Tu te trompes, ma bonne amie, je ne me suis pas le moins du monde mis en colère... j'ai parlé sur un ton un peu haut, simplement.
ADÈLE
Pourquoi?
'GASTON
Pour pas grand'chose, ma foi; on m'a présenté un billet à payer, alors...
ADELE.
Un billet à payer?
GASTON
Mon Dieu, oui.
ADÈLE
De toi?
GASTON, ironique.
Allons, tu veux rire! De moi? est-ce que je m'amuse à signer des billets, moi? est-ce que j'ai besoin d'emprunter de l'argent à des usuriers, moi? (un temps.) Tu ne devines pas?...
ADELE.
Non,
GASTON, de même.
Eh bien, c'est un effet de ton fils, de ton cher petit fils, parbleu !
ADÈLE
Ne m'impatiente pas... Et de combien est-il ce billet?
GASTON, de même.
Oh! une plaisanterie!... Dix mille francs... tu vois!...
ADÈLE
Dix mille francs!
GASTON, de même.
Oui... une bouchée de pain enfin!... de quoi vivre quarante-huit heures en se serrant un peu le ventre seulement.
ADÈLE, assise.
Il a emprunté cett« somme-là!