ACTE TROISIÈME
GASTON, de même.
Tiens, c'est curieux!... on dirait que ça t'étonne! Que diable, il lui faut pourtant un peu d'argent de poche à ce malheureux enfant ! . . ♦
ADÈLE
Ne raille donc pas continuellement ainsi ! c'est énervant à la fin.
GASTON, de même.
Mais je ne raille pas, je t'assure, (un temps.) Maintenant, je me trompe peut-être... il s'est sans doute procuré cette somme pour pouvoir offrir un cadeau, un joli cadeau à Suzanne!... est-ce qu'on sait... il est si prévenant ce brave garçon !
ADÈLE
Ah! mon ami, je t'avoue franchement qu'en te croyant ironique et spirituel, tu es agaçant au plus haut point..
GASTON
Ah!
ADÈLE
Parfaitement.
GASTON
C'est juste: attaquer Henri, c'est t'attaquer toi-même... j'ai eu tort, je le regrette... voilà.
n reprend son journal et lit. Un temps.
ADELE, bprëj un moment de silence.
Et que comptes-tu faire?
GASTON
Ce que je compte faire? Mais continuer tranquillement à lire mon journal, comme tu vois.
ADÈLE
Alors tu vas laisser ainsi aller cette ajQTaire! tu restes là!
GASTON dépose son journal sar la table*.
Est-ce que, par hasard, tu voudrais que je me lève, que je me précipite sur mon chapeau, que je saute dans une voiture, que j'aille chercher Targent et que je prie humblement ce monsieur de vouloir bien accepter ce que mon fils lui doit? Quel enfantillage!... Ah! non, j*ai fait souvent des bêtises dans ma vie, mais par exemple, en voilà une que je ne commettrai pas, je te le garantis... (eq reprenant son joumai.) Tu as de l'argent de côté, toi, tu es libre de payer, je ne t'en empêche pas.
ADÈLE, furieuse*
De l'argent de côté!... de l'argent de côté!...
GASTON
Je sais, ça t'ennuie quand on te dit cela... En attendant, on ne verra pas la couleur du mien, voilà qui est sûr et certain.
ADÈLE
Oh! toi, que les autres soient ennuyés, peu t'importe I...
GASTON
C'est cela, dis tout de suite que je suis égoïste... (cn temps.) Tiens, si je ne m'étais pas juré de ne plus me mettre en colère lorsqu'on me parle d'Henri, je te répondrais ce que je pense..* mais encore une fois, il ne m'intéresse plus, je l'ignore complètement.
ADÈLE, levée.
C'est bien la peine d'avoir des enfants l
GASTON, en se levant,^ furieux»
Ah çà! es-tu folle?... ou es-tu tellement faible?... c'est