‹ Les maris de leurs filles: comédie en trois actesChapitre 50 sur 64 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

GASTON, de même.

Tiens, c'est curieux!... on dirait que ça t'étonne! Que diable, il lui faut pourtant un peu d'argent de poche à ce malheureux enfant ! . . ♦

ADÈLE

Ne raille donc pas continuellement ainsi ! c'est énervant à la fin.

GASTON, de même.

Mais je ne raille pas, je t'assure, (un temps.) Maintenant, je me trompe peut-être... il s'est sans doute procuré cette somme pour pouvoir offrir un cadeau, un joli cadeau à Suzanne!... est-ce qu'on sait... il est si prévenant ce brave garçon !

ADÈLE

Ah! mon ami, je t'avoue franchement qu'en te croyant ironique et spirituel, tu es agaçant au plus haut point..

GASTON

Ah!

ADÈLE

Parfaitement.

GASTON

C'est juste: attaquer Henri, c'est t'attaquer toi-même... j'ai eu tort, je le regrette... voilà.

n reprend son journal et lit. Un temps.

ADELE, bprëj un moment de silence.

Et que comptes-tu faire?

GASTON

Ce que je compte faire? Mais continuer tranquillement à lire mon journal, comme tu vois.

ADÈLE

Alors tu vas laisser ainsi aller cette ajQTaire! tu restes là!

GASTON dépose son journal sar la table*.

Est-ce que, par hasard, tu voudrais que je me lève, que je me précipite sur mon chapeau, que je saute dans une voiture, que j'aille chercher Targent et que je prie humblement ce monsieur de vouloir bien accepter ce que mon fils lui doit? Quel enfantillage!... Ah! non, j*ai fait souvent des bêtises dans ma vie, mais par exemple, en voilà une que je ne commettrai pas, je te le garantis... (eq reprenant son joumai.) Tu as de l'argent de côté, toi, tu es libre de payer, je ne t'en empêche pas.

ADÈLE, furieuse*

De l'argent de côté!... de l'argent de côté!...

GASTON

Je sais, ça t'ennuie quand on te dit cela... En attendant, on ne verra pas la couleur du mien, voilà qui est sûr et certain.

ADÈLE

Oh! toi, que les autres soient ennuyés, peu t'importe I...

GASTON

C'est cela, dis tout de suite que je suis égoïste... (cn temps.) Tiens, si je ne m'étais pas juré de ne plus me mettre en colère lorsqu'on me parle d'Henri, je te répondrais ce que je pense..* mais encore une fois, il ne m'intéresse plus, je l'ignore complètement.

ADÈLE, levée.

C'est bien la peine d'avoir des enfants l

GASTON, en se levant,^ furieux»

Ah çà! es-tu folle?... ou es-tu tellement faible?... c'est

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