‹ Les maris de leurs filles: comédie en trois actesChapitre 5 sur 64 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GASTON

Ah ! le voilà donc lâché le grand mot. (uré.) Je Tattendais

depuis longtemps déjà !

ADÈLE

Quel mot?

«ASTON

Occasion !... Cest ça, c'est charmant, tout à fait charmant ! Occasion ! Aujourd'hui, le mariage c'est une afiaire, une spéculation!... ah! sacrédié de sacrédié! dans quel siècle vivons-nous !

ADÈLE

Dans le tien, mon ami.

GASTON, passant et se rasseyant.

Je m'en moque, tu m'entends, que ce soit dans le mien ou dans celui d'un autre, là. Ce mariage ne se fera point, c'est entendu, réglé, n'en parlons plus, ça ne sert à rien.

ADELE, s'arançant.

Et moi, je dis le contraire... Pourquoi, de quel droit, veux-tu empêcher le bonheur de ces deux enfants ?

GASTON

De quel droit? le bonheur? tiens, tais-toi, ma bonne Adèle, tu feras beaucoup mieux.

ADÈLE

Je ne me tairai pas ! Encore une fois : pourquoi ?

GASTON

Parce qu'elle est trop riche.

ADÈLE

Ah çà î est-ce que tu es devenu fou, par hasard ?

Non pas... Je suis resté honnête.

ADÈLE

Et que vient foire Thonnôteté là-dedans, je te prie ?

GASTON

Tu es adorable, ma parole d'honneur.

ADÈLE, assiae.

Et toi, tu es stupide.

GASTON

Possible.

ADÈLE

Elle est trop riche! tu voudrais donc lui voir épouser une jeune fille sans le sou ?

GASTON

Du tout... mais je ne veux pas qu'il se marie avec une demoiselle qui lui apporte en dot une fortune gagnée par sa mère... Dieu sait comment.

ADÈLE

Elle est morte sa mère.

GASTON

Et son argent, est-ce qu'il est mort, lui ? et le passé de sa mère?

ADÈLE

Oh ! si tu remontes aux calendes grecques !...

Allons, sapristi, c'est pas madame Paulette Mika, la chanteuse de café-concert, qui a amassé cela avec sa voix en chantant dans les bouis-bouis i

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