ACTE PREMIER
GASTON
Ah ! le voilà donc lâché le grand mot. (uré.) Je Tattendais
depuis longtemps déjà !
ADÈLE
Quel mot?
«ASTON
Occasion !... Cest ça, c'est charmant, tout à fait charmant ! Occasion ! Aujourd'hui, le mariage c'est une afiaire, une spéculation!... ah! sacrédié de sacrédié! dans quel siècle vivons-nous !
ADÈLE
Dans le tien, mon ami.
GASTON, passant et se rasseyant.
Je m'en moque, tu m'entends, que ce soit dans le mien ou dans celui d'un autre, là. Ce mariage ne se fera point, c'est entendu, réglé, n'en parlons plus, ça ne sert à rien.
ADELE, s'arançant.
Et moi, je dis le contraire... Pourquoi, de quel droit, veux-tu empêcher le bonheur de ces deux enfants ?
GASTON
De quel droit? le bonheur? tiens, tais-toi, ma bonne Adèle, tu feras beaucoup mieux.
ADÈLE
Je ne me tairai pas ! Encore une fois : pourquoi ?
GASTON
Parce qu'elle est trop riche.
ADÈLE
Ah çà î est-ce que tu es devenu fou, par hasard ?
Non pas... Je suis resté honnête.
ADÈLE
Et que vient foire Thonnôteté là-dedans, je te prie ?
GASTON
Tu es adorable, ma parole d'honneur.
ADÈLE, assiae.
Et toi, tu es stupide.
GASTON
Possible.
ADÈLE
Elle est trop riche! tu voudrais donc lui voir épouser une jeune fille sans le sou ?
GASTON
Du tout... mais je ne veux pas qu'il se marie avec une demoiselle qui lui apporte en dot une fortune gagnée par sa mère... Dieu sait comment.
ADÈLE
Elle est morte sa mère.
GASTON
Et son argent, est-ce qu'il est mort, lui ? et le passé de sa mère?
ADÈLE
Oh ! si tu remontes aux calendes grecques !...
Allons, sapristi, c'est pas madame Paulette Mika, la chanteuse de café-concert, qui a amassé cela avec sa voix en chantant dans les bouis-bouis i