‹ Les maris de leurs filles: comédie en trois actesChapitre 59 sur 64 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

VOUS regarde. Si je ne me trompe, voilà des yeux qui en disent long, hein ?

SUZANNE

C'est le froid, père, qui les a rougis ainsi.

GASTON

Ou les larmes, n'est-ce pas? car vous avez pleuré, (un temps.) Allons, je ne veux pas vous taquiner. Asseyez-vous là, près de moi. (un tempe.) Voulez-vous déjeuner avec nous ?

SUZANNE

Avec plaisir.

Elle 8'a68ied.

GASTON

Parfait, (un temps.) Maintenant, pour quelle raison s'est-on cachée ? Pour quelle raison n'a-t-on pas voulu se rencontrer avec son mari, eh?

SUZANNE, embarrassée.

Parce que..;

GASTON

Voilà une question embarrassante que je vous pose là, hein ?

SUZANNE

Oh ! non.

GASTON

Oh! si.

J'ai un service à vous demander.

GASTON

Un service? Et lequel? Vous n'avez qu^à parler, ma chère petite, et soyez convaincue que s'il est en mon pouvoir de vous être agréable, je le ferai de grand cœur, je vous assure.

SUZANNE

Que vous êtes bon !

GASTON

Des bêtises, tout cela. Allons, dites vite et n'ayez pas Fair si triste, que diable !

SUZANNE, après an combat intérieur.

J'ai besoin... Voilà que je n'ose plus... aidez-^moi.

•GASTON

Il faut que je vienne à votre secours? Bon.' Alors recommencez et je tâxîherai de finir la phrase. Partez.

SUZANNE

J'ai besoin...

GASTON

...D'arçent, pouvez-vous m'en avancer, beau-père? Combien vous faut-il? Ah! je crois que c'est mené un peu rondement, cette affaire-là.

Beaucoup.

GASTON

Qu'appelez-vous beaucoup?

SUZANNE

Dix mille francs.

«GASTON

Ah!... (LcTé. cn silence.) EJt à titre de beau -père, et sans indiscrétion, puis-je savoir pourquoi ces dix mille francs sont nécessaires? Car, en effet, c'est beaucoup.

&UZANNE, embarrassée.

Oh!... mon Dieu... oui... c'est...

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