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Acte de 1270. Pièce justif

3. A droite, la censive ne commençait pas tout à fait à la porte, mais seulement aux terres des Jacobins, hors les murs bien entendu.

aboutissaient toutes par derrière à un vaste clos de vignes, dit le clos l'Évêque^ et dépendant de l'une de ces maisons, la cinquième, précisément la grange des Sept-Voies, acquise par l'évêque en 1270. De même, les maisons sises en bordure sur le côté droit de la rue aboutissaient par derrière à un autre clos appartenant aux Jacobins.

L'aveu de 1466 accuse en ces mêmes lieux neuf maisons à gauche et quatre à droite, plus la maison hors de la fausse porte. Cet accroissement de deux unités seulement dans le nombre des immeubles, en l'espace de cent cinquante ans, n'est pas l'indice d'une lenteur extrême dans la transformation de ces parages; nous verrons, en effet, plus loin qu'il y eut là, au cours du xiv^ siècle, une expropriation partielle.

L'état des cens de i53o-i533 signale toujours quatre maisons à droite et la maison hors la fausse porte, mais entre les murs et la fausse porte, sur le côté gauche de la rue, il décrit dixsept maisons. Entre 1466 et i53o, la propriété s'est morcelée et les jardins se sont couverts de maisons qui, pressées les unes contre les autres, dressent leurs silhouettes en une ligne ininterrompue le long du faubourg Saint-Jacques, tel que nous le montre le plan, dit plan de Baie, gravé vers i55i.

L'aveu de 1573 présente dans le faubourg Saint-Jacques quatorze maisons à gauche, sept maisons à droite, deux maisons au delà de la fausse porte, et, nouveauté toute particulière, une quinzaine de maisons le long du chemin qui va de la porte Saint-Jacques à Saint-Marceau, autrement dit le long de la rue des Postes. Ceci résultait d'un lotissement opéré au milieu du xvi^ siècle.

Ces trente-sept maisons, entre lesquelles on comptait plusieurs jeux de paume, ont, par la suite des temps, du fait de partages de succession et de ventes partielles, constitué environ quarante-quatre ou quarante-cinq immeubles distincts correspondant à des lots qu'on retrouve à peu près immuables dans les

I. Ou vignes des Sept-Voies. Ces vignes sont mentionnées en ii85 dans le cartulaire d% Sainte-Geneviève {la Montagne Sainte-Geneviève, t. I, p. 227) et en 1186 dans un acte de Philippe-Auguste (Delisle, Catal. des actes de Philippe- Auguste, n» i55). L'acquisition faite par l'évêque est rappelée dans sa notice de l'obituaire de Notre-Dame : « Item [acquisierat] granchiam juxta vineas de Septem viis. » Guérard, t. IV, p. 179; Molinier, t. I, p. igS.

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aveux et déclarations depuis le troisième quart du xvi^ siècle jusqu'à la fin du xvin° et même jusqu'à nos jours.

Les descriptions anciennes du fief des Tombes, la persistance des divers lots fonciers dont l'agglomération formait la seigneurie des marguilliers permettent de repérer avec précision les limites du fief.

L'auteur de factums rédigés à la fin du xvii^ siècle en faveur des marguilliers disait que leur fief « commence au coin des rues de la Poterie et des Postes, du côté du faubourg Saint- Marcel, d'où il se continue sans interruption jusques au coin du faubourg Saint-Jacques, du côté de la main gauche, en sortant de la ville, et ensuite en montant dans ledit fauxbourg jusques au monastère des défendresses [la Visitation Sainte- Marie], jusques auquel il est de même uniforme et continu; après quoi il descend de Tautre côté où il s'étend encore sur plusieurs maisons sans interruption, d'où il remonte plus loin dans ledit fauxbourg et mesmes jusques à Villejuif »^ Un autre factum du même temps fixe la limite du côté gauche en descendant, au puits public de la Nadée, et, du côté droit, à la rue Saint-Dominique^.

L'angle de la rue de la Poterie et de la rue des Postes, c'est actuellement l'angle de la rue d'Ulm et de la rue Lhomond (ancienne rue des Postes) ; la rue Pierre-Curie, récemment percée, correspond à peu près à une ligne droite partant de l'emplacement où se trouvait le puits de la Nadée et aboutissant à l'angle susdit. De ce côté donc, le fief des Tombes n'est autre que l'îlot circonscrit parles rues : Saint-Jacques, Pierre-Curie, d'Ulm, Lhomond et des Fossés-Saint-Jacques. Du côté droit, le fief comprenait les immeublesen bordurede la rue Saint-Jacques qui ont été abattus pour faire place à la rue Gay-Lussac et les

1. La prolongation du fief jusqu'à Villejuif est une exagération d'avocat; de ce côté-là, la marguillerie avait possédé anciennement des droits seigneuriaux sur les biens ruraux, dont nous avons donné plus haut la consistance.

2. Cf. la délimitation donnée par Sauvai, t. II, p. 426. « Le fief des Tumbes assis au fauxbourg de Saint-Jacques et près la porte Saint-Jacques, à main gauche, lequel s'étend sur une partie et du long de la rue jusques par delà VÉcu de Milan, du long des fossés de la ville, et en la rue des Postes, par delà le Jeu de paulme de VHuis de fer, et appartient ledit fief aux quatre marguilliers laïcs de l'église de Paris, à l'œuvre et fabrique d'icelle. »

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immeubles de la rue Saint-Jacques compris entre la rue Gay- Lussac et la rue Royer-Collard, anciennement rue Saint-Dominique.

Les divers érudits qui ont eu l'occasion de signaler ou de coordonner les découvertes d'antiquités et particulièrement de sépultures faites entre Saint -Marcel et Notre -Dame- des- Champs sont d'accord pour conclure que les parages compris entre les deux voies romaines conduisant l'une à Melun et l'autre à Orléans ont servi de lieux de sépulture à l'époque gallo-romaine et durant les temps mérovingiens ^ . L'existence du lieu dit les Tombes, le nom de rue des Tombes donné parfois concurremment avec celui de chemin de Notre-Dame-des- Champs à la voie qui est devenue le faubourg Saint-Jacques^ puis la rue Saint- Jacques^ au delà de la rue Soufflot, attestent que les défrichements d'abord, les fouilles ensuite, nécessitées pour l'édification des maisons ont amené dans les temps anciens des découvertes analogues à celles que nous faisons encore de nos jours. Des trouvailles d'antiquités en ces lieux, bien avant notre époque, sont encore attestées par le nom de clos des Poteries jadis donné à un clos en bordure du chemin allant de la porte Saint-Jacques à Saint-Marceau, soit l'ancienne rue des Postes qui a porté aussi le nom de rue des Poteries^.

Le nom de fief des Tombes et Poteries^ attribué à un fief voisin de celui des marguilliers et dont nous parlerons plus loin, caractérise en une seule appellation la nature des antiquités abondantes en ces lieux.

Le nom de fief des Tombes n'apparaît guère dans les documents pour désigner le fief de la marguillerie avant le xvF siècle; le nom du lieu-dit les Tombes se trouve un peu

1. F. -G. de Pachtère, Paris à l'époque gallo-romaine (1912, gr. in-4''), p. 53, 94, 95, etc. Cet auteur cite les diverses notices particulières auxquelles nous faisons allusion.

2. Campardon et Tuetey, Insinuations, n" 3682; la rue Rataud qui finit dans la rue Lhomond (ancienne rue des Postes) aurait dit-on porté jadis dans sa partie la plus ancienne le nom de rue du Clos-des-Poteries. Selon Sauvai (t. I, p. 169), la rue des Postes n'aurait anciennement porté le nom de rue des Poteries qu'à cause des potiers de terre qui s'y étaient établis.

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plus anciennement; il est d'usage courant dans les titres de propriété du xv® siècle.

Au souvenir traditionnel des découvertes de tombes est venu s'ajouter, pour vulgariser la désignation du lieu-dit, l'usage très parisien de désigner le quartier du nom de l'industrie dont il était le centre. Non seulement on mettait à jour des tombes aux alentours du faubourg Saint-Jacques, mais encore, du xiv^ au xvie siècle, les tombiers étaient établis là en grand nombre, approvisionnant leurs chantiers dans les carrières voisines. Dans une charte de iSyS relative à la dernière maison du fief, à main gauche en sortant de la porte Saint-Jacques, cette maison est dite « à l'opposite des tumbiers ». Dans une procédure que nous analysons plus loin, des tombiers sont mentionnés comme habitant les parages. Après expulsion de ces artisans, les lieux sont reloués à d'autres tombiers ; les Thierry, propriétaires de la grange des Sept-Voies au xv^ siècle, étaient également tombiers. Au xvi^ siècle, un des plus notables commerçants fixés aux Tombes est le tombier Nicolas des Advenelles ^ .

Nous avons réservé, pour un appendice, l'historique détaillé des diverses maisons comprises dans le fief de Tombes, nous nous bornerons donc à indiquer ici les modifications essentielles qu'a subies le fief au cours des siècles dans sa consistance générale par expropriation et lotissements, à faire connaître la modalité du droit de basse justice y attaché, à exposer les incidents qui ont marqué l'exercice des droits seigneuriaux, perception des cens et des droits de mutation et d'amortissement, à rapporter les troubles de jouissance résultant de contestations ou d'usurpations de censive. Ce sont là des faits dont les annales administratives et judiciaires du moyen âge offrent des exemples innombrables et qui ne présentent pas, chacun pris en son particulier, un caractère d'originalité tel qu'il mérite qu'on s'y appesantisse, mais des faits aussi que l'occasion s'offre rarement de mettre en lumière à propos d'un seul et même fief, bien circonscrit et n'ayant jamais changé de main pendant six siècles. L'histoire du fief des Tombes, envisagée au point de vue féo-

I. Charte de 1378, S. 853; procédure de i382, S. 852; sur les Thierry, voy. plus loin, p. 277, et pour Nicolas des Advenelles, Coyecque, Recueil d'actes notariés^ passim.

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dal, nous offre ainsi en raccourci une vue concrète et d'ensemble sur le régime foncier seigneurial.

Pour faciliter l'intelligence de ce qui suit, nous réduirons en tableaux très sommaires les indications fournies par les divers censiers et aveux anciens de la marguillerie ; la somme indiquée est le montant du cens en monnaie parisis.

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